Grand Ajaccio : polémique autour de l’attribution du marché public des transports scolaires par la Collectivité de Corse

L’attribution de certaines lignes de transports scolaires par la Collectivité de Corse suscite la colère de plusieurs sociétés du Grand Ajaccio. Ces autocaristes déplorent de ne pas avoir été choisis, au profit d’un autre groupe. La CdC se défend quant à elle de tout favoritisme.

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"À quoi jouent la Collectivité et son service des transports scolaires ?"

Quatre entreprises de transports du Grand Ajaccio - ACM, Bellini, Bernardi, Nadizi - ne cachent pas leur colère. Réunies lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 1er septembre à Bastelicaccia, elles déplorent d’avoir perdu la gestion de certaines lignes "historiques" des vallées du Prunelli, de la Gravona et de la Rive Sud du golfe d'Ajaccio.

Et ce "à cinq jours de la rentrée des classes", soit au dernier moment.

"Favoritisme" ?

En tout, ce sont 10 lignes (sur les 175 du Pumonte comprises dans cette délégation de service public renouvelée tous les 4 ans par la Collectivité de Corse) qui ont été attribuées à l’entreprise Phoenix.

Un choix que ces compagnies de transports critiquent vivement. "On pense qu’il y a un délit de favoritisme au niveau de la Collectivité par rapport à cette société. Ils n’ont tenu compte apparemment que du prix et pas du technique", dénonce Nathalie Carlotti, porte-parole des sociétés d’autocars concernées.

Une accusation que réfute l’entreprise Phoenix. "Les marchés publics, comme leur nom l'indique, sont publics, aux Corses et à la Corse, rétorque Mickaël Pellegrini, président des Transports Phoenix. Nous avons répondu en toute transparence, avec une rentabilité, et c'est pour ça que, sur certaines lignes, nous nous sommes positionnés, et pas sur d'autres. Nous n’avons voulu mettre aucun transporteur en difficulté."

"J’ai un associé qui est Corse, qui y est né et qui y vit encore. Tout comme moi. Je n'ai jamais eu de capitaux ni étrangers, ni français."

Mickaël Pellegrini, président de la société Phoenix

Autre grief contre l’entreprise, elle disposerait de "capitaux venus du continent".

Faux, répond la société. "J’ai un associé qui est Corse, qui y est né et qui y vit encore. Tout comme moi. Je n'ai jamais eu de capitaux ni étrangers, ni français. Nous sommes une entreprise locale et nous embauchons local", affirme Mickaël Pellegrini.

Contactée, la Collectivité de Corse dit "comprendre l’émotion suscitée par cette décision au sein des entreprises".

Elle indique cependant que l’entreprise Phoenix "a été classée très largement premier[e], dans le cadre de ces 10 lignes, par le rapport d’analyse des offres, construit sur une répartition des critères à 60% pour le prix et à 40% pour les critères techniques".

"Après examen approfondi du dossier, la Commission d’appel d’offres, tenue en présence du représentant de la Direction de concurrence et des fraudes, avait l’obligation légale de retenir le candidat classé premier, toute autre décision étant susceptible d’entraîner des sanctions administratives voire pénales", ajoute-t-elle.

Perturbations à la rentrée ?

La Collectivité de Corse assure rester "ouverte à la discussion avec tous les opérateurs du secteur et leurs organisations syndicales".

De leur côté, les autocaristes envisagent de faire appel auprès du tribunal administratif.

En attendant, ils ne savent pas s'ils pourront assurer le transport scolaire sur les lignes qu'il leur reste pour la rentrée prévue mardi prochain : "Nous attendons des renseignements car les lots qui nous ont été attribués l'auraient été trop tardivement. Nous prévenons les parents, nous leur donnerons une réponse au plus tard lundi pour savoir si mardi matin tous les cars seront en place".

Retrouvez le reportage d'Alain Stromboni et Jennifer Cappaï :

durée de la vidéo : 00h02mn31s
Intervenants : Nathalie Carlotti, porte-parole des sociétés d’autocars concernées ; Mickaël Pellegrini, président des Transports Phoenix. ©A. STROMBONI - J. CAPPAI / FTV