Bastia : comment expliquer la fermeture des librairies ?

Depuis 2012, cinq des sept librairies de Bastia et ses environs ont fermé. Une chute spectaculaire de l'offre culturelle qui ne s’explique pas forcément par la concurrence d'internet ou le désintérêt supposé du plus grand nombre pour la littérature.

Par France 3 Corse ViaStella

À Furiani, la librairie Le roi lire était connue de tous. Mais depuis le samedi 30 septembre, c’est un local vide, le magasin a fermé ses portes.

Dans la région bastiaise, pour les amoureux de littérature, le choix se restreint année après année. « C’est dommage parce que quand il n’y aura plus de commerces de proximité ce sera regrettable », estime une cliente d’une librairie du centre-ville de Bastia.

Le roi lire, La librairie Marzocchi, Terra Nova, Les deux mondes, Le point de rencontre, autant d’enseignes qui ont disparu à Bastia au cours des dernières années. Le refrain est connu, c’est la faute d’internet, des téléphones portables, d’une jeunesse qui ne lit plus. La concurrence aux livres est rude, mais ce n’est pas la seule raison à ces fermetures en séries.

Bastia : comment expliquer la fermeture des librairies ?
Intervenants : Stéphane Papi, libraire. Reportage : BONIFAY Sébastien ; BANSARD Daniel.

« Je pense que le marché pour Bastia est de deux librairies »


Le problème est aussi une offre qui n’est pas vraiment adaptée à l’endroit. « Sur le continent vous avez des villes de 50 000 à 60 000 habitants où il n’y a pas de librairies et les gens trouvent ça normal.

Ici, sept librairies, on a atteint un niveau qui était trop important. Je pense honnêtement que le marché pour Bastia est de deux librairies […]. Il n’y a pas 100 000 habitants dans le centre-ville. Donc pour faire travailler tout le monde, je pense que deux c’est un bon compromis
», indique Stéphane Papi, libraire. 

Deux, c’est exactement le nombre de librairies que compte Bastia avec Papi et Album les deux enseignes historiques de la ville. Pour l’heure, elles sont toujours fidèles au poste. Les lecteurs bastiais, échaudés par les fermetures de ces dernières années, espèrent que la série noire en restera là.


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