« Infamie », « crapulerie », « barbouzerie », Gilles Simeoni réagit à l’article du Canard Enchaîné qui le cible

Ce jeudi 1er février, l'article du Canard Enchaîné qui cible Gilles Simeoni a animé les discussions de l’Assemblée de Corse. Dans ce papier qui concerne une parcelle de terrain sur l'île de Cavallo acquise par la collectivité de Corse, le président de l'exécutif est taxé de "gâter la mafia". Un article qui fait notamment suite à un rapport de la chambre régionale des comptes qui épingle la Collectivité de Corse quant à l'aménagement de cette parcelle, espace naturel sensible.

C’est un Gilles Simeoni touché, blessé, qui a pris place dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse ce jeudi 1er février. La cause : un article du Canard Enchaîné qui tente d’établir des liens entre l’action du président du conseil exécutif de Corse et la bande criminelle dite du « Petit Bar ».

Déterminé, Gilles Simeoni répond et contre-attaque : « Si cet article dit vrai, je ne dois pas rester dans les fonctions qui sont les miennes. Si cet article est, comme je le dis, une crapulerie, une infamie, et peut-être même une barbouzerie, je dois le dire devant les Corses, et celles et ceux qui l’ont écrit ou qui l’ont inspiré doivent l’assumer et en répondre. »

« L’honneur, c’est quelque chose de très fragile »

S’en suit très vite et sans ambiguïté un soutien franc de l’ensemble des groupes de l’Assemblée de Corse. « Monsieur le président, les yeux dans les yeux, c’est une insulte faite à votre honneur. Et l’honneur, c’est quelque chose de très fragile. Je voudrais vous assurer notre compassion dans cette séquence qui manifestement vous affecte particulièrement », déclare le co-président du groupe de droite Un soffiu Novu, Jean-Martin Mondoloni.

Le président du groupe Avanzemu, Jean-Christophe Angelini, prend la parole : « Est-ce que l’on croit, une seconde, le président du conseil exécutif capable des horreurs que décrit cet article ? Je le dis président en vous regardant, vous connaissez la réponse, mais je vais quand même la rappeler pour les Corses, c’est non. »

« J’ai appliqué le droit de A à Z »

L’article du Canard Enchaîné s’appuie notamment sur l’acquisition réalisée par la collectivité de Corse d’un terrain de 3.3 hectares préempté pour deux millions d’euros en 2018. Un prix beaucoup trop élevé selon le journal. Ce à quoi Gilles Simeoni répond que le terrain a été évalué trois millions d’euros.

Autre mise en cause qui aurait favorisé certains proches du grand banditisme : le non-encaissement par la collectivité de Corse des loyers d’un restaurant présent sur le terrain acquis. « J’ai dit, il y a une situation complexe, il y a des intervenants et des personnes morales que je ne connais pas, je ne souhaite pas que la collectivité de Corse perçoive ces loyers et les intègre dans son budget et je souhaite les consigner. Et puisqu’on me salit dans cet article, moi, j’ai appliqué le droit, de A à Z. Et ceux qui n’ont pas appliqué le droit et qui sont pourtant en charge de le faire ne sont pas cités une seule fois dans cet article », soutient le président du conseil exécutif de Corse.

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Marc-Antoine Renucci ; Jennifer Cappai ©France Télévisions

Député et membre de la majorité territoriale, Jean-Félix Acquaviva n’hésite pas, pour sa part, à faire un lien entre cet article et le processus d’autonomie en cours. « Je pense que ces gens-là, journalistes et beaucoup de politiques, ne savent pas à quel point nous savons que plus nous rentrons dans les derniers mètres d’un basculement vers un champ d’espoir pour la Corse, plus notre détermination se renforce et que nous savons qu’ils sont capables de faire n’importe quoi. »

Ces échanges sont intervenus lors de l’étude du rapport de la chambre régionale des comptes qui épingle l’action de la collectivité de Corse en matière de protection du littoral. Mais en dehors de quelques critiques formulées par le groupe de droite, l’article du Canard Enchaîné aura finalement eu pour effet d'éluder le fond du dossier.