Législatives 2022 : les premières réactions de Jean-Félix Acquaviva, vainqueur dans la 2ème circonscription de Haute-Corse, et de François-Xavier Ceccoli, candidat malheureux

Le second tour des élections législatives s'est déroulé ce dimanche 19 juin. Jean-Félix Acquaviva arrive en tête dans la deuxième circonscription de Haute-Corse avec 50,23 % des suffrages exprimés. François-Xavier Ceccoli le suit de très près, avec 49,77 %.

Une victoire sur le fil. Avec 50,23 % des suffrages et 16.777 voix, Jean-Félix Acquaviva est réélu à la députation dans la deuxième circonscription de Haute-Corse. Un résultat clamé dans un immense cri de soulagement au sein de sa permanence, à Corte, lors de la sortie des résultats définitifs, peu après 20h20. 

Le député nouvellement réélu, qui avait choisi de passer la journée auprès des siens dans son village de Lozzi, rejoint finalement les lieux à 21h30, porté en triomphe sur le cours Paoli. Une victoire en demi-teinte néanmoins : si le candidat Femu a Corsica valide bien un second mandat, il perd néanmoins 13 points par rapport à 2017 (63,16 %), et 4.525 voix (21.302 voix). 

Pour autant, Jean-Félix Acquaviva ne considère pas ce résultat décevant, mais y voit plutôt "la fin d'un combat politique acharné. Nous avions face à nous des forces politiques diverses qui n'avaient pour seul projet que de faire chuter Jean-Félix Acquaviva et Gilles Simeoni. Tout cela, c'est un bilan qu'on effectuera plus tard, mais je tiens à saluer les Corses qui ont choisi de m'élire."

4.525 voix de moins qu'en 2017

En guise d'explication de son score en baisse, comparativement à sa première élection, cinq ans plus tôt, le député souligne notamment une participation plus faible. Si celle-ci a effectivement chuté de 3 points dans la circonscription en nombre de votants par rapport le nombre d'inscrits (51,66 % contre 54,30 % cinq ans plus tôt), le nombre total de votants n'a que légèrement diminué : 35.090 contre 35.845 en 2017, soit 755 électeurs de moins. 

Comment expliquer, alors, ce recul électoral ? En partie par les divisions au sein du camp nationaliste, quand le troisième homme du premier tour, Lionel Mortini, titulaire de 17,99 % des voix et soutenu par Corsica Libera, n'avait pas donné de consigne de vote à ses 5.736 électeurs pour le second tour, et avait déclaré compter s'abstenir de voter.

Jean-Félix Acquaviva reconnaît bien une élection à la configuration "particulière", "avec des partis qui ont fait le choix de l'abstention et des forces qui se sont liguées contre nous. Ce n'était pas le cas la dernière fois." Il sort d'ailleurs en tête à Belgodère - à 4 voix près, 142 contre 138 pour son adversaire -, commune dont Lionel Mortini est le maire. 

"Aujourd'hui, c'est un nouveau cycle qui commence, avec une configuration nouvelle au gouvernement. Nous allons pouvoir former un groupe pour peser. Si nous avons remporté cette élection, c'est une reconnaissance du travail qui a été fait", conclut-il, saluant également le score obtenu par François-Xavier Ceccoli.

Une victoire à 156 voix près

Plus loin, dans sa permanence installée à Moriani, François-Xavier Ceccoli accueille le résultat entouré de ses soutiens avec une certaine sérénité, et la fierté, aussi, "d'être arrivé là". Lui qui n'était un temps même pas pressenti pour atteindre le second tour échoue finalement à remporter la députation à 156 voix. Une déception, mais un résultat encourageant, estime-t-il.

"Bien évidemment, c'est un score très serré, au même niveau que mon concurrent. Je veux adresser un immense remerciement aux personnes qui se sont portées sur moi, qui ont cru en moi malgré des conditions de l'élection, avec l'omniprésence de l'exécutif dans cette campagne", souffle le maire de San-Giuliano. Il souligne notamment les actions du président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, "qui a parcouru toute la Corse pour appuyer mon concurrent", outrepassant, selon lui, ses fonctions.

Sans l'assurer pour l'heure, le candidat divers droite évoque la possibilité d'effectuer des recours, quant à la tenue de ce second tour. François-Xavier Ceccoli glisse ainsi que des difficultés seraient survenues dans "au moins une commune", à savoir à l'Olmu, où des assesseurs pour son compte auraient été "maltraités". "On va regarder en détail tout ce qui s'est passé sur l'ensemble des communes", promet-il. "Il y aura dans tous les cas des actions, parce qu'on ne peut pas maltraiter des assesseurs comme cela".

Des soupçons d'irrégularités formellement démentis par Jean-Félix Acquaviva, qui regrette "une stratégie" qui voudrait entacher "l'intégrité du scrutin", engagée trois jours avant le second tour de l'élection par un communiqué du maire divers droite indiquant se tenir vigilant de possibles fraudes. "Il ne s'est rien passé dans ces communes, et en ce qui me concerne, nous sommes sereins."

Avec 16.621 voix obtenues, François-Xavier Ceccoli est-il aujourd'hui l'homme fort de la droite ? Lui se décrit simplement comme un "représentant d'une population qui a cru [en lui]." "On parle souvent de la droite, mais il y a aussi des gens de gauche", et d'autres sensibilités "qui se sont ralliés à ma cause".

L'appel à l'union des nationalistes

Enfin, Lionel Mortini, qui n'a donc pas voté pour ce second tour, voit dans ce résultat "très serré", la preuve que "lorsque les nationalistes ne sont pas unis, les choses sont compliqués. A l'avenir, il faudra que la majorité territoriales et les députés essaient de rassembler ce qu'ils ont fragmenté l'an dernier."