Mois sans tabac : "Il n'y a pas de fatalité, il ne faut pas culpabiliser les fumeurs"

Depuis six ans, le mois de novembre est dédié à la lutte contre le tabagisme. L'opération "Mois sans tabac" permet de mener des actions de prévention, mais également d'accompagner des fumeurs à se libérer de la cigarette.

La France compte 11.5 millions de fumeurs quotidiens. Si entre 2014 et 2019 une baisse de 1.9 millions d'entre eux a été observée, la lutte contre le tabac reste une priorité de santé publique. Car les conséquences du tabagisme sont nombreuses, rien qu'en Corse, le taux de mortalité par cancer du poumon supérieur à la moyenne nationale (+12 % pour les hommes et +27 % pour les femmes).

Dans le but de réduire le nombre de fumeurs, l'opération "Mois sans tabac" depuis six ans, par Santé Publique France sur l'ensemble du territoire national. "On propose des actions de prévention, des campagnes de communication et on distribue des kits d'aide à l'arrêt du tabac", explique Angélique Baudin, coordinatrice du pôle régional de prévention et d'information de l'association addictions France.

"La nicotine et la première addiction au monde"

Si un fumeur sur deux souhaite arrêter la cigarette, tout n'est pas forcément évident. "Il faut savoir que la nicotine est la première addiction au monde, quatre milliards de cigarettes sont consommées tous les jours à travers le monde. Et puis il y a aussi une dépendance psychologique et comportementale comme les gestes ou les objets", continue-t-elle.

Ainsi, les accompagnements au sevrage sont individualisés, en fonction de la consommation de chacun. "On pose des questions comme combien ? Pourquoi ? Comment ? Puis on adapte la méthode. Car il faut que le cerveau s'adapte à une vie sans tabac… Et si cela ne fonctionne pas, on ajuste", précise coordinatrice du pôle régional de prévention et d'information de l'association addictions France.

Selon Angélique Baudin, "il ne faut pas culpabiliser les fumeurs, ce n'est pas une fatalité". Elle préfère d'ailleurs axer ses méthodes préventives sur les bienfaits de l'arrêt de la cigarette. "Dès les premières 24 heures, on observe une disparition du monoxyde de carbone dans le corps. On observe peu à peu un retour à la normale du rythme cardiaque, et au bout de quelques mois ou de quelques années les poumons se nettoient", énumère-t-elle.

La dénormalisation

En plus de la méthode, Angélique Baudin et ses équipes plaident pour une "dénormalisation de la cigarette". Elle précise : "On évolue dans une culture où on a toujours connu le tabac. Cela peut passer par des membres de la famille, car il existe des familles de fumeurs, ou même dans l'espace public où l'on voit souvent des personnes avec une cigarette. Il faut parvenir à changer ces codes."

Mais l'affaire n'est pas simple, car l'industrie du tabac fait tout pour "proposer la cigarette qui [nous] ressemble." "Et s'ajoute le marketing autour des objets comme les briquets ou les boîtes d'allumettes qui peuvent laisser croire que tout est conçu pour les plus jeunes", souligne Angélique Baudin. En Corse, 38 % des jeunes fument quotidiennement à 17 ans (32.4 % au niveau national).

Elle reste néanmoins optimiste. "Il y a des politiques qui se mettent en place et ça se travaille."

Plus d'informations : 04.95.21.85.85 ou angelique.baudin@addictions-france.org

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