Question sur l’avenir institutionnel de la Corse, les candidats aux territoriales réagissent

Le gouvernement ne serait pas hostile à l'idée de plus d'autonomie pour la Corse. C'est en substance ce qu'a répondu mardi à l'Assemblée nationale Gérard Collomb le ministre de l'intérieur à un député nationaliste Paul-André Colombani lors des questions au gouvernement. 

Par France 3 Corse ViaStella

La question de l'autonomie posée mardi par Paul-André Colombani au palais Bourbon n'effraie pas le gouvernement. Le ministre de l'Intérieur pose toutefois des limites. « Nous sommes favorables à l’autonomie de la Corse, mais à l’autonomie de la Corse dans la République française », lance-t-il.

Jean-Charles Orsucci et ses colistiers voient dans les déclarations de Gérard Collomb une opportunité pour la Corse. Le maire de Bonifacio s'est toujours présenté comme un autonomiste de gauche. L'autonomie fait donc son entrée dans la campagne électorale. « Ce n’est pas anodin d’entendre un ministre d’État, un ministre de la République évoquer l’autonomie dans une France que l’on sait jacobine historiquement, culturellement.
Je crois qu’aujourd’hui on peut être satisfait pour tous ceux qui veulent à la fois ancrer notre île dans la République et à la fois s’assurer que sa spécificité soit entendue
», estime-t-il.

Les autres forces politiques, à l'exception des nationalistes ne partagent pas cet enthousiasme. Pour une fois, le front national et la gauche sociale font la même analyse. « Aujourd’hui ce qui nous semble déterminant c’est de pouvoir disposer d’une solidarité nationale accrue plutôt que le contraire.

Effectivement, lorsque Gérard Collomb est venu en Corse le 14 octobre, on se souvient de ce qu’il a dit puisqu’il nous a indiqué que la réforme constitutionnelle était faite, selon lui, pour réduire la dépense publique », explique Michel Stefani, membre du Parti communiste français.
 

La droite circonspecte 

Réaction question Assemblée nationale
Intervenants : Gérard Collomb Ministre de l'intérieur ; Jean-Charles Orsucci, Tête de liste La république en marche ; Michel Stefani , Membre du Parti Communiste Français ; Francis Nadizi, Secrétaire territorial du Front National ; Jean-Martin Mondoloni, Tête de liste de droite aux territoriales. Reportage : MORET Dominique ; RENUCCI Marc-Antoine ; GUICHARD Frédéric


À droite, Jean-Martin Mondoloni qui se définit comme étant régionaliste se montre pourtant lui aussi circonspect. « Je crois qu’à un moment donné il faut être un peu sérieux et considérer qu’on ne peut pas aller tous les 10 ans vers un nouveau statut sans savoir quel est l’objectif. Si l’objectif c’est de toiletter et de rendre les institutions plus efficientes d’accord.

Pour le reste, je crois que l’on va avoir beaucoup de travail, beaucoup de pain sur la planche, lorsqu’il s’agira de faire vivre cette nouvelle collectivité sans que pour autant nous nous dispersions encore vers des évolutions institutionnelles
», commente-t-il.

Sur le fond, aucune précision n'a été apportée sur le contenu de l'autonomie. Cela pourrait faire l'objet d'un long cycle de négociation après les élections. Pas sûr que le gouvernement et les élus insulaires mettent le curseur au même endroit.


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