Quotas de pêche au denti : "on ne peut pas léser les uns et arranger les autres"

Un arrêté de la préfecture maritime impose aux pêcheurs de loisir corses des quotas de pêche sur le denti, un poisson très prisé sur l’île. Une mesure que ces passionnés jugent trop restrictive et peu efficace pour protéger l’espèce.

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Franck et Jean-Yves pêchent depuis des années dans les eaux poissonneuses autour de Porto-Vecchio. Une passion qui les pousse à passer des journées entières en mer, à l'affût du poisson, avec plus ou moins de succès. 

“Je suis très heureux quand je prends une belle pièce, mais je ne la prends pas à chaque sortie, témoigne Jean-Yves. Je prends plutôt des pièces moyennes, beaucoup de sars, mais pas beaucoup de dentis. Quand je prends allez, trois dentis dans l'année, je suis très heureux.” 

Un poisson prisé

Le denti, ce poisson très prisé, se fait de plus en plus rare en Méditerranée. La faute, selon une étude scientifique, a une pression de la pêche de plus en plus forte, et notamment de la pêche de loisir.  

Les scientifiques recommandent certaines restrictions, en particulier la limitation des captures à un denti par jour, par navire et par pêcheur.  

Une mesure adoptée en mars par la préfecture de Corse au moyen d'un arrêté et qui ne passe pas pour les pêcheurs de loisir. Ils ont fondé une association pour défendre leurs intérêts. 

"Deux poids, deux mesures"

Ils dénoncent un "deux poids, deux mesures" par rapport à la pêche professionnelle. Et l'inefficacité du quota pour protéger efficacement le denti, comme l'explique Eric Sivry, président de l'association Pesca Passione. 

“Pour protéger une espèce, il faut prendre les mesures nécessaires. Il y a une période de fermeture, du 15 mars au 15 avril, qui est beaucoup trop faible. La période de reproduction du denti dure quatre mois. Tous les quotas sont sur la pêche de loisir ! On ne peut pas léser les uns et arranger les autres. Ce n'est pas productif et ça nous mènera à un moratoire.”  

Impact économique

Les professionnels du secteur pointent également l'impact économique de ces restrictions, qui freineraient, selon eux, la consommation de matériel de pêche. Didier Farsy, gérant d'une boutique d'accessoires de pêche, l'a constaté dans son commerce.

“Quand cet arrêté est sorti, on a constaté les premiers mois une baisse conséquente qu'on n'avait jamais vue, donc on s'est posé la question et on a contacté d'autres magasins situés sur Bastia, en Balagne, qu'on connaît bien, avec qui on collabore et ils ont les mêmes problèmes que nous. On a fait des statistiques, il y a environ une semaine, avec eux. On est depuis janvier, février, mars, avril à, à peu près, moins 30% d'activité.” 

L'arrêté préfectoral devrait durer trois ans, mais les pêcheurs de loisir ne baissent pas les bras. Et espèrent pouvoir le faire modifier. 

Retrouvez le reportage de nos équipes :

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Pêche au denti : le mécontentement des pêcheurs de loisir ©C. TRONCHON / S. DEFRANCHI / FTV