Assassinat de Stéphane Leca : le parquet de Bastia se dessaisit au profit de la Jirs de Marseille

Stéphane Leca, 48 ans, ex-membre du "FLNC des anonymes", est mort abattu lundi après-midi à San Nicolao (Haute-Corse). Le parquet de Bastia s'est dessaisi de l'enquête au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille. 

Un homme mortellement blessé par arme à feu sur la commune de San Nicolao (haute-Corse), lundi 19 octobre.
Un homme mortellement blessé par arme à feu sur la commune de San Nicolao (haute-Corse), lundi 19 octobre. © Pierrick NANNINI / FTV
Stéphane Leca, âgé de 48 ans et déjà connu de la justice, a été tué par arme à feu lundi à San Nicolao. Les faits se sont déroulés aux alentours de 14h50, lundi après-midi à Suertello - Moriani-plage.

Quelques minutes avant, la gendarmerie aurait reçu un appel d'un riverain faisant état de plusieurs coups de feu.

"Il était défavorablement connu des services de police et de gendarmerie ainsi que de la justice", a indiqué le procureur de la République de Bastia. La victime avait été condamnée pour "des actes en lien avec le nationalisme", a précisé Arnaud Viornery.

Mardi, le parquet de Bastia s'est dessaisi de l'enquête au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille. La direction régionale de la police judiciaire et la section de recherches de la gendarmerie restent co-saisies de cette procédure, ouverte sous la qualification d'assassinat.

Un assassinat vivement condamné

Core In Fronte a salué la mémoire de Stéphane Leca dans un tweet. "C'était un patriote sincère et un compagnon de lutte fidèle. Le littoral #corse attise les convoitises crapuleuses. Les hommes de conviction, comme Stéphane, sont devenus des personnes gênantes à éliminer", affirme le mouvement indépendantiste. "L'assassinat d'un homme est inacceptable, réagit pour sa part la Ligue des droits de l'homme dans un communiqué. Il revient à la justice d'établir la ou les responsabilités sur cet assassinat et sur tous ceux qui restent à ce jour impunis."

Patriotti, collectif d'anciens prisonniers politiques corses, condamne dans un post Facebook l'assassinat d'un "militant historique" qui tenait "à sa terre, à sa culture et à son peuple". Dans un communiqué, le collectif Maffia No, Vita Iè soutient quant à lui que "6 hommes ont été mis à mort par des sicaires à la fois juges et bourreaux ces derniers mois dans l'île".

Il appelle "tous les acteurs de ce territoire à sortir d'un silence traditionnel justifié par la formule 'connu des services de police'." Maffia No, Vita Iè alerte : "Il n’y aura pas de solutions viables sans que le pouvoir régalien, le pouvoir territorial, et les citoyens isolent ces pratiques mortifères."Après l’assassinat de Stephane Leca, les réactions se sont poursuivies dans la mouvance nationaliste pour saluer le militant et dénoncer la spirale criminelle qui frappe la Corse. 

Condamné à sept ans de prison en mai 2007

Stéphane Leca avait été condamné à sept ans de prison par la cour d'assises spéciale de Paris en mai 2007 avec 13 autres membres présumés du "FLNC des anonymes". Des peines de 3 à 12 ans de réclusion criminelle avaient été prononcées.

Le "FLNC des anonymes", apparu officiellement fin octobre 2001 et qui était initialement identifié comme "le groupe sans nom", a revendiqué 21 attentats commis en Corse entre juillet 2001 et décembre 2002 dont certains parmi les plus destructeurs de l'époque dans l'île.

Démantelé lors de plusieurs vagues d'arrestations en décembre 2002, février et avril 2003, le mouvement a notamment revendiqué deux actions terroristes qui avaient visé, à un an d'intervalle, la caserne de CRS de Furiani, presque entièrement détruite par cinq explosions le 18 juillet 2002.
 
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