Segur de la santé : une aide de 151 millions d'euros pour la Corse

Le plan d'investissement Segur a été dévoilé le 9 mars par le gouvernement. Ce sont 19 milliards d'euros qui seront injectés dans un système de santé français chancelant. Une enveloppe de 151 millions d'euros est dévolue à la Corse. 

 

Illustration / Aux urgences de Bastia, la situation, selon beaucoup de soignants, reste précaire
Illustration / Aux urgences de Bastia, la situation, selon beaucoup de soignants, reste précaire © Sébastien BONIFAY / FTV

Au sortir de la première vague de Covid, et le confinement du printemps dernier, le constat était accablant : le système de santé français souffrait d'un manque de moyens criant. Le gouvernement avait alors lancé en grande pompe le Ségur de la Santé, pour tenter de remettre l'Hôpital français à flots.   

Après la revalorisation des salaires des soignants en juillet 2020, considérée par beaucoup comme une demi-mesure, le gouvernement a dévoilé le deuxième volet de l'accord le mardi 9 mars, en déplacement dans la Nièvre. 

Moderniser l'offre de soins

Un volet qui est consacré cette fois-ci à "la relance des investissements".

En clair : "moderniser notre offre de soins, alléger le poids de la dette pour relancer les investissement courant, et donner un élan et des perspectives à l’ensemble de notre système de santé. Au-delà de ces investissements indispensables, il s’agit également de rompre avec les méthodes déployées depuis 10 ans : accompagner, et même pousser les projets, donner tous les leviers d’action au niveau territorial, mieux associer les élus."

Le ministre de la Santé, Olivier Veran, et le Premier ministre, Jean Castex, en déplacement dans un centre de vaccination de la Nièvre, le 9 mars 2021.
Le ministre de la Santé, Olivier Veran, et le Premier ministre, Jean Castex, en déplacement dans un centre de vaccination de la Nièvre, le 9 mars 2021. © PHOTOPQR/JOURNAL DU CENTRE/MAXPPP

Montant des aides, 19 milliards d'euros. Dont 151 millions d'euros seront consacrés à la Corse. 

Assainissement financier des hôpitaux

L'agence régionale de la Corse explique comment ce montant a été arrêté : "il a été tenu compte des priorités d'investissements sur la région, de la maturité des projets portés, et de la situation financière des établissements". 

Cette dernière question, on le sait, pose question depuis des années en Corse, particulièrement dans le sud. L'hôpital d'Ajaccio est dans une situation préoccupante, comme nous le résumions dans un reportage en 2019 : 

Sur ces 151 millions, 62 millions d'euros serviront donc, selon l'ARS, à l'assainissement financier des établissements les plus endettés de la région. Reste à savoir quelle somme sera attribuée à chacun, et dans quelle mesure cela suffira à remettre le système insulaire de santé dans le sens de la marche. A la direction de l'hôpital de Bastia, on s'est refusé à faire tout commentaire avant de connaître la répartition exacte des sommes par établissement.

Une chose est sûre, cela ne sera pas suffisant pour éponger les dettes. Le seul déficit de l'hôpital d'Ajaccio, en 2019, s'élevait au double de cette somme. Et les douze derniers mois ont considérablement aggravé la situation, dans le nord comme dans le sud. 
Du côte du STC, on ne cache pas sa déception. Pour Stéphane Gherardi, le délégué de l'hôpital de Bastia, "ce qui aurait été une annonce historique, c'est un effacement de la dette. Et là, c'est loin d'être le cas. On nous dit que cette aide est censée être un levier pour des projets sructurants. Dans ce cas, il faut affiner les chiffres, et harmoniser les projets existants. Il faut réfléchir à l'échelle du territoire, et pas à l'échelle d'un établissement". 

Décentralisation

82 millions seront consacrés à relancer les investissements, moderniser les établissements, et "développer l'offre de soins, de suite et de réadaptation (SSR) et améliorer la prise en charge des personnes âgées". 7 millions d'euros sont débloqués dès cette année pour "un soutien exceptionnel aux dépenses du quotidien des établissements de santé", tels que l'achat et le remplacement de matériel, et la réalisation de petits travaux dans le but d'améliorer les conditions de travail.

Au-delà des moyens financiers octroyés, Jean Castex et Olivier Veran ont mis en avant une volonté de décentraliser, en confiant "tous les leviers d'action et toutes les enveloppes aux Agences régionales de santé", en première ligne au quotidien durant la crise sanitaire. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société