Pédophilie : 250 victimes potentielles pour Dr Le Scouarnec, peut-être d'autres à Laval, Ancenis et Les Sables d'Olonne

Le Dr Le Scouarnec sera d'abord jugé pour des faits commis à Jonzac en Charente Maritime où il a exercé / © Maxppp
Le Dr Le Scouarnec sera d'abord jugé pour des faits commis à Jonzac en Charente Maritime où il a exercé / © Maxppp

Joël le Scouarnec aujourd'hui retraité, est soupçonné d'avoir abusé sexuellement d'au moins 250 mineurs dans différents établissements hospitaliers où il a exercé. Un chiffre provisoire car d'autres victimes pourraient encore se faire connaître, notamment en Loire-Atlantique, Vendée et Mayenne.

Par OQ/FB

Les faits se sont déroulés entre 1989 et 2017 mais certains sont aujourd'hui prescrits.

Le Dr Joël Le Scouarnec, chirurgien retraité, doit d'abord être jugé en mars prochain pour quatre agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans en Charente Maritime.

Mais lors de cette enquête et notamment suite à une perquisition effectuée à son domicile de Jonzac, l'affaire a pris une plus grande ampleur.

Dans des carnets secrets, le praticien décrivait des actes sexuels pratiqués sur de nombreux enfants.

Les enquêteurs se sont donc intéressés aux différentes missions de remplacement effectuées par le chirurgien et notamment en Indre-et- Loire et dans le Morbihan.
 

Une centaine de faits à Lorient

Dans un communiqué, le procureur de la République de La Rochelle annonçait lundi 18 novembre qu'il se dessaisissait d'une partie de l'enquête au profit du parquet de Lorient car de nombreux faits y ont été commis, une centaine selon ce communiqué.
 
Pour le moment, 250 potentielles victimes de faits non prescrits ont été identifiées. 184 ont souhaité porter plainte dont 138 sont domiciliées dans le ressort de la Cour d'Appel de Rennes. 

Mais on sait également que de 2004 à 2017, Joël Le Scouarnec a exercé à l'hôpital d'Ancenis. 
Cette seconde procédure qui révèle de potentielles victimes du praticien en Bretagne et en Touraine n'est pas encore close et elle pourrait bien révéler d'autres faits encore commis dans des établissements fréquentés par le chirurgien.

Dans un communiqué, la direction de l'hôpital d'Ancenis faisait savoir en septembre dernier que : "Il (le Dr Le Scouarnec) a remplacé le chirurgien titulaire pendant ses congés et certains week-ends entre 2004 et début 2017. Il est à noter que le Centre Hospitalier d’Ancenis n’a pas de service pédiatrique et que les interventions étaient le plus souvent à caractère urgent."

Mais la direction dans ce même communiqué faisait également savoir qu'elle "a par ailleurs répondu à l’enquête de gendarmerie et ne dispose pas d’information plus précise à ce jour."

Ce qui ne signifie pas qu'aucune agression n'a eu lieu dans le cadre de l'établissement.

Ce vendredi 29 novembre, le directeur du centre hospitalier des Sables-d’Olonne Côte de Lumières, Samuel Froger nous a confirmé que le chirurgien était passé par son établissement. Il a effectué 4 semaines de remplacement à l’été 2003 au service de chirurgie.

Une enquête est en cours dans son établissement, initiée par le Parquet de Lorient. Le directeur doit répond à des questions et réquisitions sur des données d’ordre médicale et administrative.

Samuel Froger se dit "attentif " à ce qui aurait pu se passer dans l’établissement à l’époque même si lui-même n’y était pas. Il est arrivé en 2017 et le personnel présent en 2003 est peu nombreux à être encore présent aujourd’hui. "Nous n’avons pas de traçabilité" dit-il, précisant qu'il n’a connaissance d’"aucune plainte de patients à ce jour".

 

Des victimes dans 18 hôpitaux

Dans cette affaire de pédophilie qui se révèle hors norme, il apparait que Joël Le Scouarnec a exercé dans 18 établissements. En poste dans 5 d'entre eux, il a également fait des remplacements dans 13 autres établissements de santé. 

Le Journal du dimanche de ce 24 novembre 2019 révèle que, parmi les établissements fréquentés par le Dr Scouarnec, trois sont en Pays de la Loire. Outre Ancenis, le JDD précise qu'il a également exercé aux Sables d'Olonne en 2003 et à Laval en 2004.

D'après les éléments de l'enquête ouverte en 2017, Joël Le Scouarnec aurait été en contact avec 462 patients mineurs au sein des établissements de Quimperlé, Lorient, Malestroit, Pontivy et Jonzac.

L'enquête et la médiatisation de cette affaire amèneront peut-être de nouvelles victimes à se faire connaître.



 

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