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Le camp Fillon saisit la justice, persuadé que Hollande anime un "cabinet noir"

Six élus LR formant le cercle rapproché de François Fillon ont saisi le parquet pour des "infractions" commises selon eux par l'éxécutif, et relevées par le livre "Bienvenue Place Beauvau".
François Fillon à Nîmes, le 2 mars 2017
François Fillon à Nîmes, le 2 mars 2017 © Guillaume Horcajuelo, EPA
Pour le candidat de la droite, distancé dans les sondages par Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la campagne sur le terrain se complique. Le matin du 27 mars, il a changé de train en direction du Croisic (Loire-Atlantique) pour échapper aux opposants, prêts à l'accueillir avec un concert de casseroles.

Concert de casseroles pour l'accueil

François Fillon a déjà essuyé un accueil houleux dans le pays basque le week-end précédent, avec un concert de casseroles et des jets d'oeufs et de tomates. La campagne du candidat est entachée par le scandale des emplois fictifs présumés de son épouses et ses enfants comme collaborateurs parlementaires. Il a d'ailleurs été mis en examen, ainsi que son ex-suppléant Marc Joulaud, qui a aussi employé Pénélope. 

Avant un meeting le soir à Nantes, François Fillon a annulé sa venue à Saint-Nazaire. 
Le clan LR a changé de stratégie : il attaque en justice, avant la probable mise en examen de l'épouse de François Fillon mardi 28 mars, jour où elle est entendue par les juges d'instruction. Des élus LR ont saisi le parquet pour des "infractions" commises selon eux par l'éxécutif, et relevées par le livre "Bienvenue Place Beauvau". 

Un "cabinet noir" à l'origine de cette plainte

Se fondant sur ce livre, François Fillon avait ainsi dénoncé l'organisation par François Hollande, à la tête d'un "cabinet noir", de fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires. Après avoir épluché l'ouvrage avec des avocats, Bruno Retailleau, Christian Jacob, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet et Philippe Bas ont saisi le procureur de Paris et le procureur national financier. "Corruption", "trafic d'influence", "atteinte à la vie privée", et encore "abus d'autorité": ces élus, brandissant le code de procédure pénale, dénoncent "la commission d'un certain nombre de faits d'une particulière gravité qui seraient susceptibles de revêtir différentes qualifications pénales", dans un courrier transmis à la presse.
Ce qui est décrit dans l'ouvrage comme un éventuel "cabinet noir anti-Sarkozy", "structure clandestine, aux ramifications complexes", est qualifié par ces élus LR d'"association de malfaiteur". François Hollande est mis directement en cause pour "collecte frauduleuse de données" personnelles, lui qui aurait déclaré en février 2014, selon "Bienvenue Place Beauvau": "Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu'il fait". 

Le député vendéen Bruno Retailleau s'est justifié : l'enquête "ne sert pas François Fillon, ça doit servir la démocratie française". Mais le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a riposté. Pour lui, le candidat de la droite "veut pourrir la campagne présidentielle" et "en fin de compte il affaiblit la République" au profit du FN.
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