Colère des pêcheurs au Croisic : "C'est la mort de la pêche artisanale"

Plus de 500 pêcheurs se sont rassemblés ce vendredi 31 mars pour une marche blanche sur le port du Croisic. Une opération "port mort" pour crier leur colère et leur désarroi face aux mesures de restriction de la pêche.

Cortèges funéraires, sirènes, fumigènes, pancartes... Pour les pêcheurs, la coupe est pleine et la colère gronde. Cet après-midi, plus de 500 pêcheurs, habitants, élus se sont rassemblés au port du Croisic pour une marche blanche.

Entre la réduction de leurs zones de pêche, le prix du gazole, le brexit, le "plan casse", les parcs éoliens, les professionnels de la pêche ne comptent plus les raisons d'exprimer leur colère. Autant de mesures, qui selon eux, vont condamner la pêche artisanale.

C'est la fin de la petite pêche, c'est-à-dire du poisson du jour. Il n'y aura plus que du poisson d'importation, pêché il y a plusieurs jours

Anthony Dehuche

Patron pêcheur à la Turballe

"Avec la fin du chalutage de fonds dans les aires marines protégées, c'est la fin de la petite pêche, c'est-à-dire du poisson du jour. C'est tous les petits bateaux de moins de 12 mètres, avec un ou deux marins à bord, qui alimentent la criée du coin et les marchés locaux, comme Nantes ou Saint-Nazaire. Il n'y aura plus que du poisson d'importation, pêché il y a plusieurs jours", redoute Anthony Dehuche, patron pêcheur à La Turballe. 

On ne peut pas accepter de telles propositions déconnectées de la réalité

Hervé Berville

Secrétaire d'Etat à la Mer

Une mesure à laquelle s'est farouchement opposé Hervé Berville, le secrétaire d'Etat à la Mer, en déplacement ce jeudi 30 mars en Vendée. "On ne peut pas accepter de telles propositions déconnectées de la réalité. Des mesures qui vont condamner la pêche artisanale", a-t-il déclaré, après s'être entretenu plus de 2 heures avec les représentants de la filière. 

Cette interdiction de chalutage de fonds, qui devrait rentrer en vigueur d'ici 2030, inquiète doublement  les petits patrons pêcheurs, "qui en plus de ne plus pouvoir exercer leur métier, ne pourront même plus revendre leur bateau. Personne ne leur achètera avec une telle mesure. C'est direct à la casse !", s'insurge Anthony Dehuche. 

400 pêcheurs au Croisic et à La Turballe

Au Croisic et à La Turballe, ce sont près de 400 patrons pêcheurs directement concernés par ces mesures. Et avec eux, c'est toute une filière qui s'inquiète du devenir de la pêche locale. Mareyeurs, restaurateurs, mécaniciens, transporteurs... "On à l'habitude de dire qu'une personne en mer fait vivre 4 à 5 personnes à terre, ça représente indirectement près de 2 000 emplois sur Le Croisic et La Turballe", précise le patron pêcheur.

Opération "Port mort" repoussée jusqu'à mardi prochain

Au-delà de cette marche blanche, les pêcheurs ont prévu de prolonger l'opération "port mort" jusqu'à mardi prochain, dans tous les ports de la région.

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