Loire-Atlantique : une soixantaine d'élus demandent à leurs députés de s'opposer aux néonicotinoides

Dans un courrier adressé aux députés de Loire-Atlantique, des élus locaux demandent à voter contre un projet de loi réautorisant les néonicotinoides.

© Denis Sollier / maxppp
"L’enjeu est absolument vital". Dans une lettre adressée aux députés de Loire-Atlantique, une soixantaine d'élus locaux - maires, adjoints et conseillers municipaux - alertent sur la toxicité des néonicotinoïdes et s'inquiètent de voir apparaître leur grand retour en France. Ils demandent à voter "non" au projet de loi proposant leur réhabilitation.
 

Alors que le compte à rebours de la disparition des abeilles et de l’extinction du vivant a commencé, nous ne voulons pas assister sans rien faire à la destruction de la nature.

Lettre des élus locaux de Loire-Atlantique à destination de leurs députés

Véritable sujet de discorde, ces pesticides dites "systémiques" (le toxique circule dans tout le système vasculaire de la plante) avaient été bannis de France le 1er septembre 2018, en raison de leurs conséquences désastreuses pour les abeilles. Les néonicotinoïdes attaquent leur système nerveux, les rendant faibles et désorientées ou pouvant tout simplement les tuer. 

Dans un communiqué présenté avec la lettre, ces élus affirment, qu'elles sont la cause de la disparition de 80 % des populations d’insectes.

"Le plus grave recul en matière de protection de la biodiversité" 

Après deux ans d'interdiction, un projet de loi doit, en effet, être présenté par le gouvernement le 5 octobre prochain à l'Assemblée nationale. Il doit permettre un retour temporaire de l'insecticide entre 2021 et 2023. Avec sa disparition, certains secteurs agricoles -principalement celui de la betterave- assurent que leur filière est en péril, soumise aux nuisibles et aux maladies. 

Pour les élus de Loire-Atlantique, le retour des néonicotinoïdes, serait le "plus grave recul en matière de protection de la biodiversité depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron. S'il adopte la loi, d'autres filières réclameront le retour de pesticides. C'est une boite de pandore" estime, Gwenaël Crahès, maire de La Grigonnais, au Nord de Nantes et co-auteur de la lettre.
 

Les signataires regrettent d'autant plus que sa réhabilitation ait été annoncée, en plein mois d’août, profitant d’un contexte où tous les esprits sont légitiment focalisés sur la pandémie de Covid-19."

"Des solutions existent"

Pour la soixantaine d'élus, "les propos des ministres témoignent d’un incroyable obscurantisme niant les conclusions de plus de 1 221 études scientifiques" et dénoncent l'impact des lobbies.

Gwenaël Crahès espèrent donc être entendu par les Députés.

Nous sommes sur le terrain. Sur La Grigonnais, j'ai échangé avec des agriculteurs bios. Il y a des solutions, plutôt orientées vers l'agroécologie, avec la réinsertion de la biodiversité, comme les coccinelles. 

Il conclut : "certains peuvent estimer que c'est un coup dans l'eau. Mais c'est en faisant des coups dans l'eau qu'on fait des vagues."
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