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FC Nantes : Vincent Bessat, héros malgré lui

Actuellement en vacances sur la Croisette, Vincent Bessat a eu le beau rôle cette saison. Pourtant habitué à l’ombre, le Lyonnais a vu les feux des projecteurs se braquer sur lui de façon démentielle.
Une chanson à son nom (« Et Vincent Bessat, et Vincent Bessat…. »), une ovation de plus de 5 minutes inégalée à la mi-temps du match Nantes-Lorient….Aucun doute, l’acteur principal de cet exercice 2014-2015, c’est bien lui.

Et pourtant, l’homme n’est pas franchement taillé pour ce genre de costume : "Quand les supporters m’ont demandé de venir dans le kop, je ne voulais pas y aller car j’étais gêné. Je suis quelqu’un de discret mais j’étais obligé de monter. Par respect pour tous ces gens qui m’ont soutenu. J’avais même prévu de faire un discours si on me passait le micro !! Je l’avais appris par cœur…Heureusement, ils ont été cool avec moi…J’ai eu chaud !!"

A la question : "Refouleras-tu la pelouse nantaise la saison prochaine ?", il répond comme il peut… "Oui, j’espère".
Les discussions étaient ouvertes avec les dirigeants mais au final, aucun accord n’a été trouvé entre les deux parties.
"J’en suis sincèrement désolé mais j’aurai 30 ans en novembre prochain et je dois également prendre en compte les propositions extérieures. Je n’ai pas envie de dévoiler officiellement le nom des clubs avec qui je suis en contacts très avancés. Mais une chose est sûre : je ne pars pas du FC Nantes pour signer dans un club français moins prestigieux. A un moment, il faut faire des choix et quand tu t’es posé les bonnes questions, il n’y a plus à regarder en arrière. J’ai envie de découvrir une autre culture et un autre football. Faire partager cette nouvelle aventure à ma femme et ma fille. Une expérience de vie en quelque sorte".
Assortie, il faut le mentionner, d’un doublement du salaire auquel il était habitué à Nantes.

Vincent Bessat quitte donc les bords de l’Erdre après quatre ans de bons et loyaux services.
Avec des souvenirs pleins la tête :  "La montée en L1, les deux maintiens, mon triplé contre Lyon, cette ovation qui restera à jamais dans mon cœur en fin de championnat. Mais Nantes, c’est aussi cette aventure avec mes coéquipiers, ces repas avec le groupe, mes potes Rémi (Riou), Olive (Veigneau) et Lucas (Deaux). Ma fille est née aussi ici, ce n’est pas rien. Et puis, tout s’est toujours super bien passé avec les entraîneurs. Je les en remercie tous, notamment le staff médical, à qui j’ai bien cassé les c…."

Vincent Bessat va tourner une nouvelle page de sa carrière qui aura vraiment pris son envol depuis son arrivée au FC Nantes. Mais avant cela, il a même tenu à remercier la direction : "Le président Kita m’a appelé mardi soir. Pour me dire qu’il me souhaitait bon vent, que j’avais été un mec correct. On a eu vraiment une très belle discussion. Je n’aime pas partir en froid avec quelqu’un et je suis heureux que ça se termine comme ça".

L’homme au crâne rasé et aux tatouages multiples pourrait parler des heures et des heures de sa vie nantaise. A tel point que lorsqu’on lui demande s’il a l’intention de se tatouer le blason du FC Nantes sur le corps, il répond simplement : "Et pourquoi pas ? Non, ne mets pas ça, si je ne le fais pas, je vais passer pour un malhonnête".

On ne va pas lui dérouler le tapis rouge mais il est comme ça Vincent Bessat. Il ne veut jamais décevoir. Une personne à l’état d’esprit irréprochable, un travailleur de l’ombre que la lumière de la Tribune Loire a permis de découvrir. Un bon joueur de club mis subitement sur un piédestal mais à qui la reconnaissance n’a jamais fait tourner la tête. Il peut s’en aller sereinement et revenir un jour à Nantes sans avoir à baisser les yeux. Et pour lui, ça vaut bien plus qu’une palme à Cannes.
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