Spectacle interdit à Nantes : Dieudonné débouté par le tribunal administratif

© DIDIER JOURET / MAXPPP
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Le tribunal administratif de Nantes a débouté vendredi l'humoriste controversé Dieudonné de sa demande de dédommagement pour l'interdiction de son spectacle "Le Mur" dans la banlieue de Nantes en janvier 2014.

Par AFP - editing Valentin Gaborieau

M. M'Bala M'Bala, alias Dieudonné, contestait devant le tribunal administratif l'interdiction de son spectacle programmé le 9 janvier à Saint-Herblain (Loire-Atlantique, banlieue de Nantes). Le tribunal administratif avait rejeté à l'époque le recours présenté en procédure d'urgence par Dieudonné et a rendu cette fois sa décision sur le fond.

Dieudonné demandait au tribunal administratif de Nantes de condamner l'Etat à lui verser 250.000 euros en réparation de la perte de la recette du spectacle, ainsi qu'un million d'euros pour "préjudice moral". Il réclamait également 50.000 euros "au titre de la privation de la vente des produits dérivés" de son spectacle.

Le tribunal administratif d'Orléans a rendu en février dernier la même décision concernant les requêtes similaires de Dieudonné contre l'annulation des spectacles programmés les 10 et 11 janvier 2014 à Tours et Orléans.

Pour le tribunal administratif, le spectacle "Le Mur" de Dieudonné comportait des "propos et gestes (...) à caractère antisémite, incitant à la haine raciale et faisant l'apologie des discriminations, persécutions et exterminations perpétrées au cours de la seconde guerre mondiale" et portaient "atteinte à la dignité de la personne humaine". Ces éléments justifiaient, selon les juges administratifs, l'interdiction du spectacle comme étant "la seule mesure de nature à préserver l'ordre public".

L'avocat de Dieudonné, Jacques Verdier, joint par téléphone, a dénoncé "la multiplication des décisions défavorables à Dieudonné" et a indiqué qu'il envisageait de porter l'affaire en appel. Pour l'avocat, qui invoque "une atteinte grave à la liberté d'expression", "l'atteinte à la dignité humaine sur laquelle se fonde l'arrêté (préfectoral d'interdiction) est insuffisamment caractérisée et relève plus de la moralité publique, l'injure raciale relevant de la compétence du juge pénal qui n'a pas été saisi par l'administration".

Avec AFP.

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