Covid-19 : à Nantes, la galère des parents d'élèves avec le protocole et celle des gestionnaires de cantines avec les repas non consommés

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Écrit par Olivier Quentin avec Eléonore Duplay
Dans cette école de l'agglomération nantaise, il ne restait plus qu'une seule classe ouverte ce lundi.
Dans cette école de l'agglomération nantaise, il ne restait plus qu'une seule classe ouverte ce lundi. © France Télévisions Eléonore Duplay

Classe qui ferme, qui rouvre, tests PCR à faire dans les temps puis autotests les jours suivants, les contraintes s'accumulent pour les parents d'élèves qui ont parfois bien du mal à suivre et à s'organiser. Témoignages.

"Mes deux enfants ont été cas contact dans leur classe, raconte un papa croisé devant une école de Nantes, donc ils ont tous les deux eu à faire des tests et le gros problème c'est qu'actuellement c'est très compliqué de faire des tests. On n'arrive pas à avoir des test antigéniques ou des tests PCR en pharmacie ou en laboratoire."

Ce papa aurait dû pouvoir remettre son garçon de 8 ans à l'école ce lundi matin mais impossible faute d'avoir pu lui faire faire un test PCR ce week-end.

"La semaine dernière on a dû faire tester les petits, témoigne une maman. On doit faire un autre test dans deux jours et après, dans quatre jours". Outre le fait que l'exercice est assez désagréable pour ses enfants, cette maman a dû "gérer" comme elle dit le fait qu'ils restent à la maison. Heureusement, elle a des horaires souples dit-elle. "Quand c'est des parents qui travaillent dans les bureaux, je ne crois pas qu'ils arrivent à gérer" compatit cette maman.

"J'ai dû faire 30 minutes de route"

"Il y a un cas positif dans la classe de mon fils" explique cette autre maman, mais elle a pu faire tester son garçon et avec le résultat négatif le ramener à l'école le lendemain. Elle avoue que tout cela lui procure quelques inquiétudes sur l'organisation en cas de fermeture mais aussi pour la santé de sa famille.

Même réaction pour ce papa qui se dit "inquiet pour la santé et pour la difficulté à gérer le quotidien".

Si la classe ou l'école venait à fermer plus longtemps, il dit pouvoir s'organiser sur un jour ou deux mais pas sur quinze jours.

"J'ai quatre enfants, témoigne une maman. Deux ont été cas contact. Ça a été très compliqué pour faire les tests antigéniques. J'ai dû faire 30 minutes de route sinon c'était milieu de semaine prochaine pour avoir des rendez-vous. C'est compliqué de les avoir à la maison, je ne peux pas travailler en distanciel." Cette infirmière n'a en effet pas pu avoir de jours enfant malade, elle ne pouvait pas se faire remplacer. Alors elle a fait appel à ses parents. "Ce n'est pas la meilleure solution reconnaît-elle. Ils sont vaccinés. On s'est dit qu'on ferait attention : pas de bisou, pas de câlin. C'est un peu difficile avec les petits mais pas le choix !"

Plus de 3000 enseignants absents sur l'académie de Nantes

Vendredi dernier (7 janvier), il y avait, en Pays de la Loire 289 classes fermées et 7% des effectifs enseignants absents (pour Covid ou autre raison).

"Certains voudraient qu'on ferme les classes, explique William Marois, le recteur de l'académie de Nantes. Mais les mêmes nous disent que ce sont les élèves les plus défavorisés qui pâtissent d'une fermeture des classes. Il y a des élèves qui ont besoin d'être accompagnés, ils ont besoin d'une présence humaine. Donc la décision qui a été prise par le Ministre de l'Education Nationale, c'est de laisser les classes ouvertes mais, en même temps, d'assurer la sécurité sanitaire des élèves et de leur famille."

Quand au protocole qui impose à tous les élèves un premier test antigénique lors d'un cas de covid dans une classe, puis des autotests deux jours puis quatre jours après ce premier test, William Marois pense que cette contrainte se "fluidifiera" dans les jours à venir avec plus d'autotests disponibles et plus de personnels pour assurer les tests et les analyses. L'avenir le dira.

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Il faut aussi, pour les communes, être réactives et s'adapter, notamment concernant les agents des cantines scolaires ou les animateurs du périscolaire. A Nantes, les parents ont reçu un message de l'adjointe déléguée à l'éducation, expliquant les difficultés à trouver du personnel pour remplacer les absents. 

"Nous faisons aujourd’hui appel aux parents qui le peuvent afin que vous puissiez récupérer votre enfant le temps du midi lors des prochaines semaines, et ce dès maintenant et jusqu'à fin janvier" explique un communiqué de la ville daté du 6 janvier.

Eviter le gaspillage

Côté cantines, les repas non consommés nourrissent plus souvent qu'à leur habitude les composts des écoles.

"Les vers de terre du compost sont mieux nourris que certains étudiants" déplore cet agent d'une école de l'agglomération nantaise. 

A Saint-Sébastien-sur-Loire, consigne a été donnée d'adapter les repas pour éviter au maximum le gaspillage alimentaire. Au lieu, par exemple, de fournir des pots de 5 litres de yaourt, on revient à des portions individuelles. Mais cela a pour conséquence de produire plus d'emballages et de proposer moins de produits bio. Les carottes fraîches font place aux petits pois surgelés et le poisson du jour non utilisé est servi le lendemain en paëlla.

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