Covid-19 : le Maine-et-Loire sous couvre-feu, ce que cela implique

Le Maine-et-Loire, dans son ensemble, est désormais concerné par le dispositif de couvre-feu annoncé le 14 octobre dernier par Emmanuel Macron.

Angers Place du Ralliement de nuit
Angers Place du Ralliement de nuit © France Télévisions Olivier Quentin
Face à une situation "particulièrement préoccupante", Jean Castex est remonté ce jeudi en première ligne pour annoncer l'extension de la mesure de couvre-feu à 38 nouveaux départements pour une durée de six semaines à compter de ce vendredi 23 octobre à minuit.

"Cela signifie qu'à 21 heures chacun devra être chez soi et que sauf exception tous les lieux recevant du public seront fermés", a précisé le Premier ministre.

Les métropoles déjà concernées par le dispositif de couvre-feu voit celui-ci étendu à l'ensemble de leur département.

"L'extension de la mesure de couvre-feu à de nombreux autres départements est une mesure préventive que j'assume. Le virus accélère, nous devons anticiper davantage encore la mise en place de ces mesures", a déclaré Jean Castex.
 

Le Maine-et-Loire, pas Nantes

S'il était annoncé depuis quelques jours que Nantes avait de fortes probabilités d'entrer dans ce dispositif, c'est finalement le Maine-et-Loire, dans son intégralité, qui est concerné.

Selon les données en date de ce jeudi 22 octobre, l’ARS des Pays de la Loire, annonce en effet dans le département un taux d'incidence de 202,5 pour 100 000 habitants sur sept jours glissants, 215 à Angers. Le taux de positivité est à 11,8%, 11,7 à Angers.

René Bidal, le préfet du Maine-et-Loire a, dans ce sens, adressé un mail aux maires des communes de son département, nous a confirmé la préfecture, anticipant les annonces gouvernementales. "Cela ne fait désormais aucun doute, au regard des chiffres dont je dispose (qui par comparaison sont supérieurs à la Loire-Atlantique depuis plus de temps ), que notre département du Maine-et-Loire figurera sur la liste ; cela va impliquer la mise en place d’un couvre-feu, sans doute en fin de semaine", peut-on lire dans ce courrier électronique dont Ouest-France a pu prendre connaissance.

"Si je dois prendre un arrêté "couvre-feu" je le prendrai sur tout le département afin d’éviter tout déport périphérique de populations qui aggraverait la situation des communes qui sont encore les moins touchées", poursuit le préfet.

Des mesures autres qu'un couvre-feu devraient être prises pour la métropole de Nantes avec une fermeture possible dès vendredi des bars et restaurants à partir de 22 heures, selon nos informations. Le taux d'incidence dans la métropole est de 230 pour 100 000 habitants sur sept jours glissants, 187,5 en loire-Atlantique. Le taux de positivité est à 11,9%, 10,8 dans le département.

Le couvre-feu instauré jusqu'ici en Ile-de-France et dans huit autres métropoles implique que les sorties et déplacements sont interdits de 21h à 6h du matin sous peine d’une amende de 135 € pouvant aller jusqu’à 3 750 € et six mois de prison en cas de récidive.

Dans les périmètres concernés par le couvre-feu, les bars, les établissements sportifs, les salles de jeux, les foires et salons seront fermés toute la journée et les fêtes foraines sont interdites. Les établissements d’enseignement supérieur ne peuvent accueillir plus de 50 % des étudiants en présentiel.

Au cours de sa conférence de presse, le Premier ministre a indiqué que le couvre-feu est bien respecté. Depuis sa mise en place, 32 033 contrôles ont été effectués, pour 4 777 verbalisations.

 

Des dérogations possibles

Interdiction de sortir de 21h à 6h du matin, pour nombre de personnes cela est impossible, des dérogations sont donc prévues.Comme lors du confinement, il est possible d'obtenir des attestations dérogatoires en ligne, sur un smartphone et sur papier libre. "Elles seront valables une heure en dehors du motif professionnel. Ce dernier devra être accompagné d’un justificatif de l’employeur", précise le gouvernement.

Ces mesures doivent faire l’objet, comme toutes les mesures, de réévaluations fréquentes afin d’en adapter la territorialisation et l’intensité.

"Il est trop tôt pour connaître les effets du couvre-feu. En fonction des résultats obtenus, nous réévaluerons le dispositif, pour éventuellement le durcir, avec pour objectif absolu de sauver des vies et de protéger la santé de nos concitoyens, a d'ailleurs précisé le Premier ministre ce jeudi 22 octobre, poursuivant, je vous le dis très clairement. Les semaines qui viennent seront dures, nos services hospitaliers seront mis à rude épreuve et le nombre de morts va continuer d'augmenter (...) Le mois de novembre sera éprouvant, nous le savons déjà".
 

Les critères retenus

Le gouvernement a décidé des critères retenus pour choisir les villes en couvre-feu.  Il concerne les villes où le taux d'incidence est à plus de 250 pour 100 000 habitants.

Cette incidence chez les personnes âgées doit être supérieure à 100. Le taux d’occupation des lits de réanimation doit être supérieur à 30%. Le gouvernement prend également en compte une dynamique conduisant à un dépassement des 50% dans les prochaines semaines.

 

Couvre-feu mis en place le 17 octobre

Les premières mesures de couvre-feu ont été annoncées par Emmanuel Macron, mercredi 14 octobre, et mises en place samedi 17 à 0 heure dans les 8 départements de l’Ile-de-France et les 8 métropoles de Lille, Lyon, Aix-Marseille, Grenoble, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne et Rouen. Cela représente 20 millions de Français.

Ces villes sont les plus touchées par la reprise de l'épidémie depuis la rentrée et le gouvernement prévoit d'étendre le couvre-feu jusqu'au 1er décembre, si le Parlement l'autorise. 

"L'objectif c'est de pouvoir continuer à avoir une vie économique, à ce que les écoles, les lycées, les universités soient ouvertes, à ce que nos concitoyens puissent travailler tout à fait normalement et à ce qu'il puisse y avoir une vie sociale mais en réduire les aspérités", a expliqué le chef de l'Etat le 14 octobre dernier.
 

L'épidémie gagne du terrain

Comme dans d'autres pays voisins, en France, les projections sont mauvaises et les courbes s'accélèrent : 26 676 nouveaux cas de Covid-19 dépistés dans les dernières 24 heures, contre un peu plus de 20 000 la veille. 284 nouvelles entrées en réanimation soit 2 239 personnes au total pour une capacité nationale de 5 800 lits. Et 166 morts de plus, faisant passer la barre des 34 000 décès en France depuis le début de la pandémie mondiale.
    
Le taux d'incidence, indicateur clef qui relève le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100 000 habitants, est notamment en hausse à Clermont-Ferrand (322), Tours (237) ou Nantes (194). 
   
"Le virus circule moins vite qu'au printemps mais sa diffusion est quand même alarmante. Il y avait au mois d'août 10 malades diagnostiqués pour 100 000 Français, actuellement, c'est 250 pour 100 000 Français, a précisé ce jeudi 22 octobre, Olivier Véran, le ministre de la Santé, ces chiffres doublent tous les 15 jours malgré tous les efforts. Sans mesure nouvelle, il y aurait dans 15 jours plus de 50 000 cas par jour".

"Ce virus est un paquebot, il faut du temps pour le faire bouger, a indiqué Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. Au moment du confinement généralisé du pays, il avait fallu 18 jours avant d'observer la première très légère diminution."
Et le Conseil scientifique a déjà prévenu, "les mois d'hiver seront difficiles".

Désireux d'élargir sa marge de manoeuvre, l'exécutif a adopté en Conseil des ministres un projet de loi pour prolonger l'état d'urgence sanitaire, rétabli samedi, jusqu'au 16 février 2021 inclus. Nécessitant un vote au parlement, il sera examiné dès ce week-end à l'Assemblée avant de passer au Sénat.

L'exécutif entend aussi pouvoir appliquer des mesures de restrictions de circulation, de rassemblements ou d'ouvertures des établissements au moins jusqu'au 1er avril 2021, sur tout ou partie du territoire et en fonction de la situation épidémique, selon le même texte.
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