Policière municipale poignardée près de Nantes : séquestration, fusillade, ce que l'on sait de la cavale de l'agresseur

Pierre Sennes, le procureur de la République de Nantes, s'est exprimé ce vendredi soir lors d'un point presse suite à l'agression au couteau d'une policière municipale à La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes. Il a détaillé la fuite et la traque de l'agresseur.

L'ensemble des politiques a salué l'intervention des forces de police et des pompiers, qui a permis de neutraliser l'assaillant.
L'ensemble des politiques a salué l'intervention des forces de police et des pompiers, qui a permis de neutraliser l'assaillant. © Nathan Vildy - France Télévisions

"Ce que l'on sait maintenant c'est que cet individu, dans sa fuite va se réfugier dans un logement privé, aux environs de 10H40, derrière la brigade  de gendarmerie de la Chapelle-sur-Erdre, a expliqué le procureur de la République de Nantes, il va séquestrer une jeune fille pendant environ 2h30, à 13h10 va se mettre sur le balcon et va voir l'enceintte de la gendarmerie sécurisée par les gendarmes et cet individu va commencer à ouvrir le feu vers les gendarmes depuis le balcon"

Il va tirer au final les six balles que contient son arme

Pierre Sennes

Des tirs de riposte seront effectués par les gendarmes, pas de blesséssur ces premiers échanges. L'homme va sortir de l'appartement pour enjamber le mur d'enceinte de la résidence privée et se retrouver dans un champ qui jouxte la gendarmerie.

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Il va pointer son arme vers les gendarmes et tire 3-4 coups de feu, un gendarme est blessé par une balle dans le genou, un autre au coude, l'un des deux va recevoir une troisième balle dans son gilet pare-balles.

Les gendarmes ripostent alors, "l'agresseur va être atteint au niveau de l'abdomen'. Malgré les tentatives de réanimation, l'agresseur décède.

La personnalité de l'agresseur en question

Il s'agit d'une personne connue de la justice, avec plusieurs condamnations et peines de prison.  Il a d'ailleurs été "libéré de prison à Nantes le 22 mars au terme légal de sa peine", sous contrôle sociojudiciaire avec notamment "une injonction de soins car on s'était rendu compte lors de ces dernières peines qu'il avait un grave problème psychologique". 

Selon le procureur de Nantes, cet homme de 39 ans né à Saint-Nazaire suivait "scrupuleusement les soins imposés", "il y a eu un suivi qui me parait tout à fait satisfaisant"

L'enquête criminelle a été confiée à la SR de Nantes, "le parquet de Nantes poursuit l'enquête mais la situation est susceptible d'évoluer" "en fonction de nouveaux éléments d'enquête".

L'enquête va permettre de savoir si ces faits se sont déroulés sous l'effet d'une radicalisation afin de savoir si le parquet antiterroriste doit être saisi.

La policière municipale n'a pas encore pu être entendue par les enquêteurs, la jeune femme séquestrée non plus, "choquée, elle a été hospitalisée" et devrait être entendue les jours prochains.

Le domicile de l'agresseur a été perquisitionné, les gendarmes ont découvert des supports numériques (clés usb, tablette) actuellement en cours d'étude par les enquêteurs.

Le rappel des faits

Un homme a poignardé une policière à La Chapelle-sur-Erdre, une commune située au Nord de Nantes, dans les locaux de la police municipale ce vendredi 28 mai.

L'individu, qui était en fuite, a été mortellement touché lors de son interpellation par les gendarmes.

De nationalité française et âgé d'une quarentaine d'années, l'agresseur était connu des services de police. Il avait été incarcéré en mars 2013 pour vol à main armée en récidive et séquestration. 

En 2016, durant sa détention, "il avait été signalé pour pratique rigoriste de l'islam a été inscrit au fichier FSPRT" (Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste), a précisé  Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui a fait le déplacement à La Chapelle-sur-Erdre vendredi après-midi.

La piste terroriste n'est, pour l'heure, pas privilégiée. Le parquet national antiterroriste n'a pas été saisi, ont également indiqué Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice.

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