Incendie de la cathédrale de Nantes : "des pertes inestimables" pour le directeur de la DRAC

L'incendie qui a touché la cathédrale de Nantes samedi matin a causé de gros dégâts. "Des pertes inestimables", souligne aujourd'hui Marc Le Bourhis, le directeur de la DRAC des Pays de la Loire.

Après l'émotion, place à l'inventaire des dégâts, ce dimanche 19 juillet 2020.
Après l'émotion, place à l'inventaire des dégâts, ce dimanche 19 juillet 2020. © Diocèse de Nantes
L'incendie qui s'est déclenché samedi 18 juillet vers 7h45 a provoqué de gros dégâts sur la cathédrale de Nantes, heureusement localisés, l'incendie ayant été rapidement circonscrit par les pompiers.

"Ce n'est pas du tout comparable avec l'incendie de Notre-Dame-de-Paris, tient à rassurer Marc Le Bourhis, le directeur de la DRAC, la direction régionale des affaires culturelles.

"Ici, les vitraux, il y a du plomb qui tient le verre, il y a de l'étain dans les tuyaux d'orgue, mais nous dépêchons un expert dès cette semaine qui va venir faire à la fois des analyses intérieures, parce que, si on a un chantier plomb, c'est plus compliqué, mais des analyses aussi sur l'ensemble des rues avoisinantes".

"A priori, structurellement (...) la partie la plus endommagée c'est la verrière, avec les meneaux
(éléments structuraux verticaux qui divisent une ouverture, NDLR), explique Marc Le Bourhis, on ne le voit pas de l'extérieur, mais de l'intérieur elle est vraiment très très éclatée, très fragilisée, donc l'urgence va être de la consolider de chaque côté et de l'abriter du vent et de l'eau avec une bâche".
Marc Le Bourhis, directeur de la DRAC des Pays de la Loire
Marc Le Bourhis, directeur de la DRAC des Pays de la Loire © France televisions - Céline Dupeyrat
 

Un gros chantier de restauration

"D'abord, c'est un diagnostic à faire, en premier c'est sécuriser puis, ensuite, déblayer et puis pousser le diagnostic le plus possible avant de prévoir les travaux, énumère Marc Le Bourhis, on peut dire qu'il y a plusieurs années de travaux, c'est déjà plusieurs mois de nettoyage du chantier puisqu'il est très enfumé". 

Il faudra donc notamment nettoyer la suie qui a recouvert les murs intérieurs de l'édifice religieux.

Impossible de déterminer aujourd'hui le coût de tous ces travaux. 
 "La verrière a été soufflée par l'incendie, explique Marc Le Bourhis, c'est une verrière assez récente puisqu'elle avait été déjà soufflée par une première explosion au château des Ducs de Bretagne (l'explosion des réserves de poudre, en mai 1800, NDLR). Par contre, on avait trois lancettes très intéressantes commandées par Anne de Bretagne".

Une lancette est une ogive de style gothique de forme très allongée. L'une d'elles était une lancette représentant Anne de Bretagne, une deuxième représentant sa mère, la troisième représentant le Christ en rédemption.

"Elles sont irrémédiablement perdues", raconte Marc Le Bourhis.

"Par contre, on a carroyé (quadrillé et prélevé) dès dimanche matin tout ce qui reste des vitraux pour des études futures et un éventuel réemploi, poursuit le directeur de la DRAC.
 "Vous avez l'orgue du XVIe siècle, magnifique buffet qui était en cours de classement au titre des monuments historiques, qui a complètement disparu ainsi que toute la partie instrumentale énumère Marc Le Bourhis, c'est un orgue Clicquot, très renommé en France, complètement disparu. "On a la console de l'orgue de choeur qui a brûlé, qui a aussi fait brûler quelques stalles, et le siège de l'évêque, la cathèdre, qui a disparu poursuit-il, mais il reste plusieurs parties au sein du chœur que nous allons, dès que nous le pouvons, récupérer pour un éventuel réemploi".
Le grand orgue de la cathédrale a été entièrement détruit
Le grand orgue de la cathédrale a été entièrement détruit © Vincent Raynal-France Télévisions
​​​​​​​"Le troisième incendie c'est du côté du tombeau des parents d'Anne de Bretagne, nous avions un tableau d'Hippolyte Flandrin, tableau du 19e siècle, classé. La réprésentation c'est Saint-Clair guérissant les aveugles, il a complètement disparu", constate le directeur de la DRAC.

Les Gisants sont intacts mais devraient quand même faire l'objet de travaux de restauration anticipés.

"Nous allions restaurer ce tombeau puisque la base du tombeau c'est en serpentine, c'est une pierre un peu perméable, et on a des remontées de salinité, et là, il faudra vraiment qu'on voit si on ne doit pas accélérer cette déconstruction et restauration du tombeau".

"On a un expert qui vient dès cette semaine pour estimer les dégâts au niveau de la serpentine, mais les quatre vertus, les statues de chaque côté, sont vraiment intactes, je m'en suis rendu compte par moi-même samedi".
 
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