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Jeune tué à Nantes: le policier change de version

Des fleurs ont été déposées à l'endroit où Aboubakar Fofana a été tué par un policier mardi 3 juillet 2018. / © Marion Naumann - France 3 Pays de la Loire
Des fleurs ont été déposées à l'endroit où Aboubakar Fofana a été tué par un policier mardi 3 juillet 2018. / © Marion Naumann - France 3 Pays de la Loire

En garde à vue, le policier a reconnu avoir menti. Mardi soir, il n'était pas en position de légitime défense lorsqu'il a tiré sur le jeune homme de 22 ans. Le tir mortel était accidentel, a-t-il finalement expliqué lors de sa dernière audition.

Par Eleonore Duplay

Un accident. C'est désormais l'explication fournie par le policier, auteur mardi soir d'un tir mortel sur Aboubakar Fofana.


Dans ses premières auditions, le CRS avait décrit une situation de légitime défense, alors que le conducteur reculait pour échapper à un contrôle d'identité.

Ce vendredi, son avocat expliquait à nos confrères de l'AFP que son client a reconnu avoir menti. Placé en garde à vue hier midi, il a déclaré aux enquêteurs de l'Inspection Générale de la Police Nationale ( IGPN ) avoir "tiré par accident."
Selon cette dernière version, une altercation aurait éclaté entre le policier et Aboubakar Fofana. Au moment du tir, le CRS aurait eu une partie du corps engagé dans l'habitacle, pour arrêter le conducteur, et c'est à ce moment que le tir serait parti.

Le policier devrait être déféré au parquet dans l'après-midi, pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'ordre public ayant entraîné la mort sans intention de la donner."

Le jeune homme de 22 ans a été touché alors qu'il effectuait une marche arrière pour se soustraire à un contrôle. Le tir l'a atteint au cou et il est mort à l'hôpital. Il se trouvait sous le coup d'un mandat d'arrêt pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs.
 

Un syndicat de policiers réagit

Suite aux dernières informations livrées par l'avocat du policier mis en cause, le syndicat SGP-FO ( auquel n'appartient pas le policier placé en garde à vue ), a publié une déclaration dans laquelle il prend acte de la nouvelle version du policier.

Selon l'organisation syndicale, cette dernière est la preuve que l'enquête de l'IGPN suit son cours, et que vérité sera faite sur les circonstances du décès du jeune homme de 22 ans. SGP FO revient aussi sur les conditions de travail difficiles, et le stress, qui selon le syndicat, sont de nature à provoquer des accidents.

Dans sa déclaration, le syndicat rappelle que la victime était sous le coup d'un mandat d'arrêt, et regrette qu'elle n'ait pas obéi aux injonctions des policiers. 

Le syndicat, enfin, rappelle que les policiers connaissent les risques liés à l'usage de leurs armes à feu, et semble déplorer "la machine à broyer", judiciaire, lorsqu'ils feraient usage de ces dernières, . 

 

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