Mineurs isolés : Éric Zemmour condamné pour provocation à la haine, Philippe Grosvalet à l'origine de la plainte, heureux de cette décision de justice

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Philipe Grosvalet alors président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique est à l"origine de la plainte qui a fait condamner le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle Éric Zemmour à 10 000 euros d'amende, pour les propos qu'il avait tenu sur la chaine CNews sur les mineurs étrangers.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur de la République en déclarant Éric Zemmour coupable de complicité de provocation à la haine et de complicité d'injure publique à l'égard des personnes immigrées.

Le polémiste d'extrême droite et désormais candidat à l'élection présidentielle d'avril prochain, a été condamné ce lundi 17 janvier 2022 à 100 jours-amende à 100 euros, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement. La chaîne CNews est elle condamnée à 3 000 euros d'amende, comme le procureur l'avait demandé lors des réquisitions.

Je considère qu'il a traité mes propres enfants de "voleurs", d'"assassins" et de "violeurs" ce 29 septembre 2020. Ce sont des propos haineux assassins"

Philippe Grosvalet, ancien président du conseil départemental de Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet, se souvient des circonstances dans lesquelles les propos de Eric Zemmour lui ont été rapportés et comment il a agi en conséquence. "J'étais en cession quand on m'a prévenu de ce que Éric Zemmour avait dit sur CNews, par réflexe républicain, avec mes collègues du conseil départemental j'ai aussitôt décidé de porter plainte. J'ai été le premier à le faire, d'autres collègues présidents de conseils départementaux ont fait de même ensuite".

Les conseils départementaux ont en charge la protection de l'enfance et particulièrement celle des mineurs non accompagnés. "Ces enfants sont placés sous notre responsabilité, je considère qu'il a traité mes propres enfants de "voleurs", d'"assassins" et de "violeurs", ce 29 septembre 2020. Ce sont des propos haineux, assassins".

Philippe Grosvalet a pu mesurer comment ces propos font tache d'huile dans la société. "J'ai vu déferler des flots d'injures à mon égard sur les réseaux sociaux. Ça me fait froid dans le dos".

La justice nous donne raison

Michel Ménard, son successeur à la présidence du conseil départemental de Loire-Atlantique continue de porter cette plainte, "J'ai assisté à l'audience à laquelle Mr Zemmour ne s'est pas rendu, pour défendre les enfants. Cette décision de justice, c'est une victoire pour notre démocratie. On ne doit rien laisser passer. Les conseils départementaux ont pour mission de protéger, accompagner ces enfants pour qu'ils deviennent des adultes responsables dans notre société".

Condamné à 10 000 euros d'amende, la peine est symbolique. Pour Philippe Grosvalet, "ce n'est pas tant la somme, mais le symbole, le principe". Un candidat à la magistrature suprême, condamné de cette sorte cela n'arrive pas tous les jours. Et Michel Ménard ajoute, "je suis heureux de voir que la justice nous donne raison".

Une trentaine d'associations s'étaient constituées parties civiles à la suite de la plainte déposée par le président du conseil départemental de Loire-Atlantique, dont SOS Racisme, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et la Licra, ainsi qu'une vingtaine de conseils départementaux. Dans un tweet, Eric Zemmour commente cette décision de justice "comme idéologique et stupide".