Nantes : 60 kg d'héroïne saisis par les policiers de stups, une prise historique

L'enquête a duré plusieurs mois et mis à mal les nuits et les week-ends des policiers mais "le résultat fait oublier la fatigue" dit l'un d'eux. Huit personnes ont été interpellées. La drogue arrivait de Belgique.

 

En tout, ce sont environ 60 kg d'héroïne et 40 000 euros qui ont été saisis par les policiers nantais et le Raid.
En tout, ce sont environ 60 kg d'héroïne et 40 000 euros qui ont été saisis par les policiers nantais et le Raid. © image d'illustration BELPRESS/MAXPPP

A la brigade de sureté départementale de Loire-Atlantique, les policiers des stups vont prendre un week-end bien mérité. Ça fait des mois qu'ils collent à cette équipe soupçonnée d'avoir mis en place un important système d'approvisionnement en héroïne depuis la Belgique vers la France.

Ce lundi 24 mai 2021, vers 15h, le RAID a intercepté à un péage d'Amiens une voiture banale avec, à son bord, un homme identifié plusieurs mois auparavant par les stups de Nantes. 

Ils savaient que la voiture faisait de réguliers allers-retours entre la Belgique et Nantes. Les policiers avaient la certitude qu'elle transportait parfois de grosses sommes d'argent et parfois de la drogue, de l'héroïne.

Nos moyens techniques ont permis de comprendre qu'il y avait quelque-chose d'imminent.

Un policier

Convaincus qu'une nouvelle grosse livraison allait se faire, les policiers ont poursuivi la filature et attendu que le véhicule se présente à un péage autoroutier pour interpeller son conducteur et fouiller la voiture, une Honda Civic, loin des grosses cylindrées habituelles des go fast mais bien plus discrète. 

"Ça a été le top départ pour le reste" témoigne un policier, d'autres objectifs locaux qui nous ont permis de trouver 40 000 euros et 40 kg d'héroïne."

Pendant que leurs collègues du nord fouillaient la voiture, les policiers nantais intervenaient dans des appartements situés entre le quartier du Breil et celui des Dervallières. Les enquêteurs avaient visiblement bien préparé leur opération car, sur place, ils ont saisi 40 kg d'héroïne. 

Le lieu n'est pas un point de deal mais plutôt une base d'où la drogue repart vers des revendeurs.

"Une telle quantité de drogue à Nantes, ce n'est jamais arrivé" confie un fonctionnaire, heureux que le travail des enquêteurs ait payé. "Ce sont des enquêtes qui prennent du temps et exigent un suivi continu, poursuit-il. On les lâche pas un seul jour. Depuis des mois, il n'y a pas eu beaucoup de week-ends mais le résultat fait oublier la fatigue." 

40 pains de 500 gr d'héroïne

A Amiens, les policiers découvrent dans la Honda Civic 20 kg d'héroïne cachés sous les sièges spécialement aménagés. La drogue était conditionnée en pains de 500 grammes.

Au total, ce sont huit personnes dont trois femmes qui sont interpellées. L'un des principaux suspects, un homme, filé sur la voie express Nantes Vannes, tentera d'échapper aux policiers en faisant demi-tour sur la voie rapide puis en abandonnant son véhicule avant de se cacher dans une zone marécageuse. "Tout le monde est rentré avec le pantalon plein de boue" s'amuse un des policiers.

Un autre viendra de lui-même se présenter le lendemain à la police, il résidait dans l'un des appartements nantais perquisitionnés. 

Cinq des huit interpellés étaient présentés au juge d'instruction ce vendredi matin. Ils devaient être mis en examen notamment pour importation illicite de produits stupéfiants. Ils risquent une peine de dix ans d'emprisonnement assortie d'une très lourde amende.

"des trentenaires chevronnés"

Certains étaient considérés comme potentiellement dangereux, d'où l'intervention du RAID lors de l'opération menée à Amiens. "On a affaire à des gens aguerris, les principaux concernés sont des trentenaires chevronnés" dit-on aux stups.

La drogue n'était pas forcément uniquement destinée au marché nantais, l'enquête qui se poursuit précisera peut-être où elle devait être vendue. Il suffit d'aller sur les réseaux sociaux pour se rendre compte que les livraisons sont bien organisées, surtout depuis les confinements.

Les policiers parlent d'ailleurs de Uber Shit ou Uber Coke pour évoquer ces circuits.

Les dealers aussi utilisent les réseaux sociaux pour attirer les clients.
Les dealers aussi utilisent les réseaux sociaux pour attirer les clients. © capture twitter

 

Pour mener à bout cette enquête, les policiers de la sureté départementale ont fait appel à des moyens techniques sophistiqués. Ça a payé. Nul doute qu'ils vont utiliser comme argument cette saisie historique pour demander quelques moyens supplémentaires. "La technique aide l'humain" conclut l'un d'eux.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
drogue faits divers police société sécurité