Nantes : des professionnels de la protection de l'enfance réclament davantage de moyens

2000 acteurs du secteur étaient rassemblés vendredi 25 juin à la Cité des Congrès de Nantes, à l'occasion des Assises de la protection de l'enfance. Certains professionnels ont réclamé plus de moyens alors que la crise sanitaire a encore plus fragilisé la situation. 
 

Les travailleurs de la protection de l'enfance dénoncent notamment un manque de moyens
Les travailleurs de la protection de l'enfance dénoncent notamment un manque de moyens © Vincent Calcagni - France Télévisions

Les professionnels de la protection de l'enfance ont décidé de donner de la voix, en marge des Assises de la protection de l'enfance, pour réclamer qu'un enfant placé obtienne une place sans délai. Selon plusieurs syndicats présents lors de la manifestation, 200 enfants sont en attente de placement dans le département de la Loire-Atlantique. Certains d'entre eux étaient déjà en grève en mai dernier. 

Un cadre éducatif déplore ce manque de moyens :" Ce n'est pas entendable de parler aujourd'hui de placements non exécutés.Chaque enfant doit avoir sa chance et être protégé. Bien évidemment que ça coûte de l'argent (...). Si on protège les enfants aujourd'hui, on diminue la précarité sociale et le nombre d'enfants en souffrance." 

Le cortège, constitué de plusieurs centaines de personnes, dénonce d'autre dysfonctionnements dans le système de la protection de l'enfance, une compétence gérée par les départements. 

Des difficultés accentuées par la crise sanitaire

Certains manifestants soulignent le manque de reconnaissance de la profession, dans un contexte de difficultés lié à la crise sanitaire. "Notre travail était déjà pénible avant la pandémie, et cela a empiré avec la crise sanitaire. On a bien vu l'augmentation du nombre de violences intra-familiales liées aux situations d'enfermement, et bien entendu, elle s'est répercutée dans notre quotidien professionnel" explique Béatrice Fauvinet, assistante sociale et membre de la FSU territoriale. 

"On nous a mis à l'écart des revalorisations salariales du Ségur. Pendant la pandémie, on a fait instituteurs, psychologue, famille... On nous demande d'être à toutes les places mais derrière il n'y a pas de reconnaissence de l'Etat. Et ce sont les enfants et les professionnels qui trinquent", déplore Robin Michon, éducateur spécialisé.

Aprés avoir tenté vainement de pénétrer à l'intérieur de la Cité des Congrès les manifestants se sont dispersés en cours d'après midi. Ils devraient avoir l'occasion de manifester de nouveau à Nantes, car les organisateurs ont  annoncé que désormais, Nantes accueillerait chaque année ces assises nationales de la protection de l'enfance.

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