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Nantes Métropole : on trouve de tout dans les déchetteries, Christophe y a rencontré sa femme

Christophe Thomas a intégré les équipes des agents d'accueil des déchetteries de la métropole de Nantes il y a 18 ans. / © Olivier Quentin
Christophe Thomas a intégré les équipes des agents d'accueil des déchetteries de la métropole de Nantes il y a 18 ans. / © Olivier Quentin

"Je vais à la jaille" disaient les anciens. Aujourd'hui, on dépose ses encombrants ou ses sacs de tonte à la déchetterie. Il y en a onze sur l'agglomération de Nantes, auxquelles il faut ajouter quatre écopoints. Ne jetez pas cet article, il pourra toujours servir...

Par Olivier Quentin

Si vous allez déposer votre vieux sommier, vos gravas ou vos piles électriques à la déchetterie de la Prairie de Mauves, rue Vulcain, vous croiserez sans doute Christophe Thomas. Il est agent d'accueil depuis 18 ans et c'est avec le sourire qu'il vous indiquera la benne ou le container à utiliser.

"A mes débuts, raconte-t-il,  j'avais l’impression que c’était la corne d’abondance qui s’ouvrait du ciel et tout tombait sur la terre. Parfois, il y avait même du neuf, TV, vêtements…"

Contrairement aux idées reçues, ce n'était pas les riches qui jetaient et les pauvres qui récupéraient. Toutes les classes sociales étaient concernées.

"Tout le monde jetait de tout. Aujourd’hui les gens font plus attention et il y a les ressourceries qui ont ouvert. Les gens sont plus sensibles aux problèmes de pollution. Il y a des images qui font mal, les décharges à ciel ouvert, les océans de déchets. Et puis les jeunes sont sensibilisés dès l’école".
Christophe Thomas à droite avec ses collègues Ludovic Bonhomme et Michel Chanson / © Olivier Quentin
Christophe Thomas à droite avec ses collègues Ludovic Bonhomme et Michel Chanson / © Olivier Quentin
"Parfois on a l’impression de pénétrer un peu l’intimité des gens, nous avoue-t-il. Quand à l’occasion d’un décès ils viennent déposer des sacs entiers et c’est nous qui faisons le tri. C’est un métier de contact. On est aussi les confidents. On vient faire son petit tour à la déchetterie le dimanche matin après le PMU, avant le repas."

 

Un fœtus dans un bocal


La question traditionnelle : est-ce qu'on ne trouve pas parfois des choses étonnantes dans ce qui est jeté ?

Si, bien sûr. "Il y a 10 ans, une odeur très forte nous a alertés. Dans un sac, un bocal s'était cassé. Il y avait un fœtus dans du formol".

L'usager qui l'avait déposé dans le "tout-venant" a été identifié. C'était un médecin qui se débarrassait de ce qu'il avait accumulé pendant ses études... Il a été bon pour un rappel à la loi.
"Pour certains usagers, le passage à la déchetterie c'est le petit tour du dimanche matin." / © Olivier Quentin
"Pour certains usagers, le passage à la déchetterie c'est le petit tour du dimanche matin." / © Olivier Quentin
Mais Christophe a une histoire bien plus belle qu'il aime à raconter :

"J'ai trouvé ici mon plus beau trésor : ma femme !" Elle venait régulèrement pour rendre service à une amie dont elle déposait les déchets. Ils ont sympathisé... et se sont mariés.

"Ma femme dit qu'elle a trouvé son mari à la benne !" rigole notre agent d'accueil qui adore son métier.
 

119 000 tonnes de déchets déposés

Deux millions de passages par an pour 119 000 tonnes de déchets déposés. Voilà le bilan d'activité des déchetteries et écopoints de l'agglomération de Nantes sur un an selon le rapport d'activité 2017 de Nantes Métropole.

"Ça représente 40% du tonnage total des déchets sur la métropole" précise Lionel Roussel Directeur du service déchetterie et réemploi à Nantes Métropole. 

Un plan de réhabilitation des déchetteries a été validé pour les moderniser. Ce qui impliquera une fermeture de plusieurs mois de certains sites. Ce ne sera pas sans conséquence pour les usagers qui seront réorientés vers d'autres points (voir encadré).

"Le site de Prairie de Mauves va être modernisé, annonce Lionel Roussel, pour améliorer l'accueil des usagers, les conditions de travail des agents et le tri des déchets."
Pierre habite le quartier de Doulon, tout proche. Il vient ici toute l'année. "C'est très pratique, reconnaît-il, dans d'autres communes on ne peut venir qu'un nombre limité de fois. Ici, on vient autant qu'on veut."
Pierre qui a un grand jardin amène ses déchets verts ici / © Olivier Quentin
Pierre qui a un grand jardin amène ses déchets verts ici / © Olivier Quentin
La Métropole ne compte pas rendre les déchetteries payantes pour le grand public mais réfléchit cependant à réglementer plus encore l'accès.

"Une étude a été lancée, nous explique Lionel Roussel, pour contrôler les accès. On a constaté des apports issus d'autres territoires et des professionnels viennent aussi alors que ça leur est interdit."
Julien et Stéphane arrivent de l'appartement de leur grand-mère qui déménage pour un appartement plus petit. / © Olivier Quentin
Julien et Stéphane arrivent de l'appartement de leur grand-mère qui déménage pour un appartement plus petit. / © Olivier Quentin
Hormis les arrivées non réglementaires de déchets, la Métropole doit aussi faire face à des dépôts sauvages à proximité. Souvent des dépôts effectués par des professionnels peu scrupuleux. 

Il y a aussi de la "récupération" après les heures d'ouverture. Comprenez des entrées illégales de publics qui viennent se servir. Ce qui pose des problèmes de sécurité et de dégradations.




 

Plan de réhabilitation, les fermetures prévues :

Ecopoint de la Beaujoire : fermeture automne 2019 à printemps 2020.
Ecopoint de Chantenay : fermeture de fin 2019 à printemps 2020.
Déchetterie Prairie de Mauves : fermeture mi 2020 à fin 2021.

Ces dates seront affinées et communiquées par la suite aux usagers sur le site de Nantes Métropole
 

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