Nantes : que cachent les grandes bâches sur l'église Notre-Dame-de-Bon-Port

A l'intérieur de l'église, le chantier de rénovation sous le dôme. / © France Télévisions Antoine Ropert
A l'intérieur de l'église, le chantier de rénovation sous le dôme. / © France Télévisions Antoine Ropert

L'édifice a été construit entre 1846 et 1858. Il fut l'objet de plusieurs phases de travaux de réfection. L'actuelle se poursuivra jusqu'à la fin 2020 et consiste notamment en une réhabilitation du dôme et des façades. 

Par Olivier Quentin avec Antoine Ropert

Quand on longe le quai de la fosse et qu'on croise la rue de Mazagran, l'imposante façade de l'église Notre Dame-de-Bon-Port écrase le passant. Son dôme, notamment, est bien connu des Nantais.

"C’est une église du milieu du XIXème siècle qui est très repérable de par sa coupole, note Olivier Château adjoint au patrimoine de la Ville de Nantes. Tous les visiteurs qui viennent voir Nantes font un passage par cette église."
 

Plusieurs chantiers de rénovation depuis un siècle 

L'édifice a connu une première phase de rénovation au début du XXème siècle lorsque le curé de la paroisse sollicita la municipalité pour des travaux de restauration.

Puis ce fut en 1943 du fait des bombardements qui avaient endommagé la couverture et les vitraux. 

Dans les années 50, on s'était attelé à la réparation de la coupole et au ravalement des voûtes et des peintures intérieures.

Nouveaux travaux successifs entre 1975 et 1992 puis, au début des années 2000, on réalisa une nouvelle flèche.

Enfin, en 2012 s'engagea une autre phase de rénovation qui concerna alors des travaux de mise en sécurité suite à la chute de morceaux de plâtre ou de pierres.
 
Des travaux de restauration de la couverture du dôme / © France Télévisions Olivier Quentin
Des travaux de restauration de la couverture du dôme / © France Télévisions Olivier Quentin


Un chantier à risque


Cette nouvelle tranche de restauration concerne aujourd'hui, le dôme, les façades mais aussi le grand orgue, le lustre et des décors peints intérieurs.

« C’est une peinture à la cire et huile directement sur l’appareillage de pierre qui avait été déjà restaurée plusieurs fois nous explique Tristan Mahéo, conservateur restaurateur.  On a là un vernis très épais, très encrassé qui masque un peu le fond, des pertes de matières au niveau des joints du fait des infiltrations d’eau qui ont soulevé la couche de peinture. On a d’abord fait des prélèvements et des analyses pour connaître la constitution de la peinture puis on a mis au point des techniques novatrices pour retirer ce vernis sans altérer la peinture fragile. Après nettoyage on a bouché toutes les lacunes avec des mastics et actuellement on remet de la peinture sur les mastics. »
 

5 millions d'euros

Le coût total des travaux est estimé à 5 millions d'€  financés principalement par la Ville de Nantes avec l'aide de la DRAC, du Conseil Départemental de Loire-Atlantique et de la Région des Pays de la Loire.

"C’est un budget très important sur cette première phase où on fera tout le haut de l’église notamment les couvertures parce que ça devenait urgent détaille Olivier Château. Et on fait aussi un gros travail de restauration des décors peints, des vitraux à l’intérieur de l’église. Elle va retrouver beaucoup de son cachet, de son lustre et de lumière une fois les travaux terminés."
 
Le chantier de l'église Notre Dame-de-Bon-Port tel qu'on l'aperçoit de l'extérieur. / © France Télévisions Antoine Ropert
Le chantier de l'église Notre Dame-de-Bon-Port tel qu'on l'aperçoit de l'extérieur. / © France Télévisions Antoine Ropert

Et quand on parle de chantier de rénovation, on pense bien sûr à la Basilique Saint-Donatien à Nantes ou plus récemment à la Cathédrale Notre Dame de Paris. Les règles de sécurité sont rappelées aux différents intervenants.

"Il y a un risque sur un monument historique rappelle Christophe Loeb, Directeur Régional de l'entreprise Lefêvre. Avec des bois très secs, avec des travaux de soudure c’est déjà un travail à risque. Il faut prendre toutes les précautions. On avait déjà depuis l’incendie de St Donatien beaucoup réfléchi à des façons de restaurer en sécurité."

Entre dix et vingt personnes y travaillent. Le chantier devrait s'achever fin 2020.
 







 

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