Nantes : SDF c'est dimanche et jours fériés aussi

Même les jours fériés, les sans abris trouvent un repas et un accueil à Brin de Causette. / © France Télévisions
Même les jours fériés, les sans abris trouvent un repas et un accueil à Brin de Causette. / © France Télévisions

Quand on a un travail, on apprécie le dimanche et les jours fériés. Quand est dans la rue, on déteste . Pas facile de trouver un endroit où s'abriter, un lieu où se poser et prendre une boisson. Heureusement, il y a des associations qui gardent leur porte ouverte quand tout est fermé.

Par Olivier Quentin avec Maxime Jaglin et Auberie Perreaut

Ce dimanche matin, Nicole Maillard sert du cassoulet. Et pour les musulmans, il y a une macédoine au thon. Pour ceux qui veulent juste un petit déjeuner, il y a du pain avec du beurre, du café, du chocolat ou de la soupe.

A côté justement, un autre bénévole prépare le lait et le café. 

"On prépare entre 170 et 180 petits déjeuners par jour annonce Frédéric. jusqu'à 250 les jours de grosse affluence. Tous les jours de l'année même les jours fériés, le premier janvier, Noël. Nous les bénévoles, on n'a pas de jour férié, faut être au service des autres !"
Ce dimanche à Brin de Causette, on servait du cassoulet. / © France Télévisions
Ce dimanche à Brin de Causette, on servait du cassoulet. / © France Télévisions

Jacky vient souvent ici pour y trouver un plat chaud le matin. Il s'abrite d'ordinaire dans l'église toute proche ou dans un garage.

Pas facile de comprendre ce qu'il dit mais il semble apprécier le lieu :

"Un repas et parler aux copains, je suis en train de chercher un appartement depuis trois mois mais je suis toujours dehors."
 

"on est entre gens de la rue..."

Didier aussi est un habitué. Il vient tous les jours depuis quatre mois. Sa journée commence à Brin de Causette et ensuite il va vendre ses exemplaires du journal "Sans logis".

"Ici, dit-il, on est entre gens de la rue, délaissés, fracturés, on se comprend, on s'apprécie et j'allais dire on s'aime aussi. Les plus mauvais sont pas tous du même côté, il y a des bons et des mauvais des deux cotés."

Mohamed dort parfois sous une tente ou dans une cage d'escalier. Les foyers, il y a parfois une place mais pas plus de trois jours. Mohamed vient ici déjeuner depuis un an et demi tous les jours. Il y trouve aussi dit-il un peu de chaleur humaine. Il apprécie mais "C'est trop bruyant  dit-il et stressant. Ça fait mal à la tête. Quand tu viens ici, faut prendre ton café et repartir et parfois t'as envie de rester encore au chaud mais comme c'est petit et qu'il y a du monde faut laisser la place aux autres."  
 

Un nouveau lieu d'accueil boulevard Stalingrad.

Alors il va aussi à la Manu (La Manufacture) boulevard Stalingrad. C'est plus grand, plus calme. Depuis un an, le SIAO44 et le CCAS de Nantes y ont ouvert un lieu l'hiver qui accueille en journée les sans abris le dimanche et les jours fériés.
 
Mohamed passe souvent par l'association Brin de Causette le matin puis par la Manu le dimanche. / © France Télévisions
Mohamed passe souvent par l'association Brin de Causette le matin puis par la Manu le dimanche. / © France Télévisions

Après une vingtaine de minutes de marche, Mohamed s'assoit dans la salle de la Manu. L'ambiance y est effectivement plus calme, moins sonore.

Avec un grand sourire, il pose son café sur la table. Brin de Causette ferme à 11h, sans cette autre structure, il se serait trouvé à la rue.

"J'ai pas de famille ici, raconte-t-il, j'ai rien. Là il a des gens, c'est bien. Il y a des jeux de société aussi. Sinon j'aurais été à la rue à marcher tout seul à galérer. Quand il pleut et qu'il fait froid ça fait du bien."
 
Jean est bénévole à Brin de Causette et assure aussi un accueil à la Manu le dimanche. / © France Télévisions
Jean est bénévole à Brin de Causette et assure aussi un accueil à la Manu le dimanche. / © France Télévisions

 "Après Brin de Causette, explique Jean Roy, bénévole à Brin de Causette et à la Manu, l'hiver, les week-ends, il n'y a rien. Il suffit qu'il fasse froid et qu'il pleuve, les accueillis ne savent plus où aller. On avait réfléchi et on s'était dit pourquoi pas créer une structure pour accueillir tout le monde le dimanche lorsqu'il n'y a rien." 

Le service y est assuré par des bénévoles de plusieurs associations qui s'y relaient de décembre à fin mars. C'est bien mais ça ne fait pas tout.

Yannick dit qu'il est à la rue depuis sept ans avec sa femme. 

"Le café, la soupe, manger ça aide mais l'hébergement c'est important. La dignité d'une personne c'est d'avoir un logement."

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