VIDEO. Après des années de travaux, l'espace de la place du Commerce à Nantes offre un nouveau visage

Après presque 7 ans de travaux et d'aménagements, 25 millions d'euros d'investissements, la ville de Nantes inaugurait ce samedi 13 mai la nouvelle place du Commerce, et une promenade pour remplacer l'ancienne gare routière qui se trouvait au beau milieu du centre-ville. S'il rend de l'espace aux piétons, le projet est aussi critiqué pour son aspect trop minéral, alors que la réalité du réchauffement climatique s'impose dorénavant à tous.

Si vous n'êtes pas venu à Nantes depuis quelques années, parions qu'il vous sera bien difficile de reconnaître l'espace qui borde désormais la place du Commerce. Exit les voitures, les bus, le mobilier urbain (les fameuseses aubettes) ... et les arbres.

Après un chantier colossal, retardé et mis à mal par les années covid, une nouvelle promenade apparaît.

Plus de 30 000 mètres carrés de parterres ont remplacé la gare routière, transformant cet ancien nœud d'échanges en une vaste dalle où il devrait faire bon déambuler, en faisant toutefois attention aux trams, vélos et autres trottinettes qui ne manqueront pas de se croiser. Place à la mobilité douce sur un sol désormais unifié, tout de gris revêtu.

Deux ambiances définissent aujourd'hui le lieu. L'une végétale, l'autre plus austère. 

Sous la place, le cœur marchand historique de la ville, un parking rendait impossible toute végétalisation comme l'explique Johanna Rolland dans le reportage diffusé ce dimanche 14 mai dans le 19/20 de France 3 Pays de la Loire.

L'idée était de toute façon d'en faire un espace ouvert, découvert, afin de limiter les endroits qui pouvaient dissimuler les trafics de drogue. 

Pas d'arbustes ou de bosquets donc, mais des fontaines. Histoire de gagner en fraîcheur.

Un îlot minéral qui peut se transformer en îlot de chaleur

Car c'est déjà le principal reproche qui est formulé par certains Nantais. Ils y voient un aménagement déjà "daté", conçu sans tenir compte des chaleurs écrasantes induites par le dérèglement climatique.

Il y a 5 ans, 70 arbres ont été abattus. Et autant de "puits" susceptibles de capter les fortes températures estivales avant qu'elles n'atteignent le sol.. 

Les organisations écologistes déplorent la création d'un îlot minéral, un îlot de chaleur.

Pour Benjamin, membre du collectif Alternatiba Nantes, "le problème des îlots de chaleur, c'est que la journée, ça emmagasine la chaleur et la nuit ça la restitue, donc ça empêche que les températures retombent. Toutes les personnes qui vont habiter autour auront du mal à se reposer pendant les périodes de canicule qui vont s'intensifier et se multiplier."

À voir cet été si les pataugeoires suffiront à compenser les 4 à 7 degrés supplémentaires parfois enregistrés dans certaines zones du centre-ville.

S.G avec Éléonore Duplay