A Rezé, les habitants du Corbusier se mobilisent pour une famille du Daghestan

Après avoir organisé des goûters solidaires, lancé une pétition, le collectif de soutien à la famille Batyrov en appelle désormais aux élus pour une famille originaire du Daghestan menacée d'expulsion.

Ce mardi matin, face à la mairie, ils étaient une quinzaine à braver le froid et à tenir, vaille que vaille, leur banderole. Habitants du Corbusier, militants associatifs, ils sont venus rencontrer le maire Gérard Allard afin de le sensibiliser à la situation de la famille Batyrov.

Cela fait quatre ans et demi que Murad, Saïda et Abduragim, leur fils, sont en France. Ils sont hébergés dans un appartement CADA, un dispositif d'accueil mis en place pour loger les familles en attente de régularisation.
Problème, leur demande d'asile a été refusée. La famille est donc mise en demeure depuis le 9 février de quitter l'appartement et le pays. Une mesure qui devrait être mise en pratique le 31 mars, date butoir qui marque la fin de la trêve hivernale.

Cet arbitraire juridique, les voisins et soutiens de la famille ne se l'expliquent pas. "Le père travaille, la maman est très assidue aux cours de français elle a même été dans l'équipe des parents d'élèves l'année dernière", explique Ghislain l'un des plus fervents soutiens de la famille, "et puis surtout il y a leur fils. Abdu est en CM2 à l'école Plancher, il doit passer en 6ème. Il fait du judo, de la natation, bref c'est une famille qui est très bien intégrée dans le quartier. 

"On ne comprend pas pourquoi ils sont aujourd'hui sommés de partir, ce n'est pas digne d'un pays d'accueil"

On a coutume de définir la maison radieuse du Corbusier comme un village vertical. Et bien là, le village se rebiffe. Chaque jeudi soir, les voisins se réunissent dans l'un des appartements du Corbu pour faire le point sur l'avancée du dossier, imaginer des actions pour peser sur l'administration.

Après avoir interpellé leur députée, Aude Amadou, qui leur a répondu par écrit qu'elle ne pouvait interférer dans une décision de justice, le collectif, soutenu par les associations de quartier et RESF, a rencontré ce mardi matin Gérard Allard, le maire de Rezé.
Au sortir de l'entrevue, les soutiens de la famille Batyrov étaient plutôt optimiste.

"Le maire s'est engagé à écrire à la Préfecture afin que la famille obtienne un titre de séjour"

constate Ghislain, "en sa qualité d'ancien vice-président de la protection de l'enfance au conseil général, il nous a semblé qu'il était sensible à la situation de la famille et notamment à celle d'Abduragim, il devrait d'ailleurs aussi solliciter l'éducation nationale pour assurer la continuité du parcours du garçon".

Reste que la question du logement demeure centrale. L'association Trajet, qui gère le CADA dans lequel habite la famille, a besoin de récupérer les lieux pour héberger une autre famille, elle aussi en attente de papiers. Le collectif, dont la pétition a déjà recueilli 600 signatures, espère donc que les élus sollicités appuieront rapidement leur démarche pour permettre à leurs voisins russophones de rester vivre "au village" ou à proximité.

Reportage de Rémi Guillevic, Vincent Raynal, Boris Vioche et Lucas Baron. Avec comme interlocuteurs :
  • Abduragim Batyrov
  • Murad Batyrov
  • Ghislain Clouet, habitant de la Cité radieuse
  • Annick Bruneau, habitante de la Cité radieuse







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