Loire-Atlantique : les demandes de crémations augmentent et les délais s'allongent

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Écrit par Christophe Amouriaux - Christophe François
Après la crémation, les cendres d'un défunt sont déposées dans une urne funéraire.
Après la crémation, les cendres d'un défunt sont déposées dans une urne funéraire. © Canva

Encore minoritaire en France, la crémation se développe fortement dans certains départements. Revers de ce succès, les familles attendent parfois une semaine avant de pouvoir organiser une cérémonie.

"C'est vrai, les délais peuvent être supérieurs à la normale en ce moment". Jean-Pierre Blivet est le directeur de 3 crématoriums en Loire-Atlantique (Nantes, Saint-Nazaire et Saint-Jean-de-Boiseau) gérés par le groupe OGF spécialisé dans les services funéraires. Il reconnaît que le délai habituel de 4 à 5 jours d'attente pour l'organisation d'une crémation est parfois dépassé. Comment l'expliquer ? Plusieurs facteurs sont à prendre en compte.

Un phénomène de société

C’est un fait, la crémation rencontre un succès grandissant. « Les demandes de crémations représentent 35 % des demandes en France et ça dépasse les 50 % en Loire-Atlantique », précise Jean-Pierre Blivet. En 2021, il prévoit d’approcher les 2000 crémations sur ses 3 structures. C’est une centaine de plus que l’année précédente. La demande augmente très vite et même si les constructions de crématoriums se multiplient, il n'en existe que 4 en Loire-Atlantique.

La volonté des familles

"Certaines familles préfèrent parfois repousser la date de la crémation pour tout faire dans la même journée". C'est un autre constat important qui vient à l'esprit de Jean-Pierre Blivet quand il cherche à expliquer les délais qui s'allongent. "De plus en plus de famille souhaitent enchaîner la mise en bière du corps, le passage à l'église, la crémation, la récupération de l'urne puis l'inhumation ou la dispersion des cendres." Quand le crématorium propose un rendez-vous en matinée, ça ne rentre pas. Et impossible de proposer à tout le monde un créneau en début d'après-midi.

Il faut parfois croiser les plannings 6 interlocuteur : les pompes funèbres, la police pour les scellés sur le cercueil, l’église pour une cérémonie, du crématorium et du cimetière. Il faut ajouter à cela les disponibilités des différents membres de la famille parfois géographiquement éloignés. Des contraintes de congés peuvent aussi entrer en jeu pour les proches et pour les salariés concernés

Un facteur « naturel » est aussi à prendre en compte : celui du nombre de décès habituellement plus élevé en automne et en hiver. C’est un autre constat que fait Jean-Pierre Blivet dans son activité. Il pense aussi à cette période des fêtes il est difficile de prévoir une cérémonie au moment de Noël ou du Nouvel An.

De nouveaux créneaux

« A Saint-Nazaire, où nous avons les délais les plus longs, nous allons essayer d’ouvrir de nouvelles plages horaires. » Des créneaux avaient déjà été ouverts pour faire face à l’augmentation des décès liés à la pandémie de Covid mais ça ne suffit pas. La première cérémonie est à 8h30. Elle est peu prisée mais elle est de plus en plus réservée. La dernière est à 16h30 pour l’instant. Si une proposition était faite à 17h30, il faudrait trouver des familles intéressées. Pas si simple, car un délai incompressible de 2h30 à 3 heures est à prendre en compte avant de récupérer l’urne contenant les cendres du défunt. La crémation serait donc faite le lendemain matin. « Nous voulons garder de l’éthique dans nos pratiques et ne pas obliger nos opérateurs à courir ». On le comprend dans un métier si sensible.

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