Coronavirus : à Angers, le e-commerce au secours des commerçants locaux

L’initiative devrait ravir les accros du shopping. Plusieurs dizaines de commerçants d’Angers se sont inscrits sur une plateforme de vente en ligne, 100 % locale ! Une manière de contrer les grands acteurs du commerce 2.0.
 

© Angers shopping.com
Vêtements, produits cosmétiques, objets déco ou encore mangas, le choix est large pour ceux qui ne peuvent résister à l’envie de consommer. Sur la plateforme commerciale Angersshopping, mise en ligne depuis le 20 avril, chacun peut découvrir les collections de nombreux commerçants de la ville d’Angers.

Une aubaine, car depuis la mise en place du confinement, le 15 mars dernier, les petits commerces locaux voient leur clientèle disparaitre au profit des poids lourds du e-commerce comme Amazon. Et pour les acheteurs, la proximité retrouvée avec leurs boutiques de prédilection est la bienvenue.
 

Des commerçants ravis de l'initiative

Pour Pierre Benzerara, co-gérant de la librairie Itinérance spécialisée dans le livre de voyage, "l'initiative est excellente; si on peut capter une partie des clients qui se tournent vers le commerce en ligne ce sera intéressant."

Avec pas moins de 100 000 références disponibles, il est fin prêt pour répondre aux besoins d'évasion et de curiosité des lecteurs. Les livres commandés avant 15 heures devraient être livrés à domicile en 24 heures, voire dans la journée, de quoi satisfaire les impatients.

Conscient que le retour à la normale ne se fera pas dès le 11 mai, il espère que ce service devienne pérenne et soit une réponse à la concurrence des acteurs majeurs du commerce en ligne comme Amazon ou la Fnac.

"Même après la réouverture des commerces, les craintes seront toujours là. La plateforme locale peut répondre aux clients qui n'ont pas envie de se déplacer. Il va falloir du temps pour retrouver les habitudes ", souligne-t-il. 

La société Tissus de la Mine, fermée depuis cinq semaines, voit elle aussi d'un très bon oeil l'ouverture de la plateforme. 

Spécialisée dans la vente de coupons de tissus, elle a rapidement mis en place un service de retrait pour répondre à la demande de sa clientèle de couturières qui souhaitaient fabriquer des masques en tissus. "Cette activité a permis à l'entreprise de maintenir 30% de son activité", explique son gérant, Luc Germon, qui emploie une quinzaine de salariés à Angers.

Pour lui, la nouvelle plateforme de vente en ligne est complémentaire du drive. "Ce qui m’intéresse, c’est la livraison par un transporteur, car il y a des clients qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se déplacer." Une centaine de références sont disponibles à l'achat sur le site, dont des coupons de tissus pour fabriquer des masques.
 

Un miroir digital des magasins

La plateforme en ligne élaborée par la start-up Wishibam, en association avec Angers French Tech, la CCI Maine-et-Loire et l’association "les Vitrines d’Angers" est entièrement gratuite pour les commerçants durant trois mois. 

"Imaginé à l'échelle d'une ville, le site compte actuellement 70 magasins inscrits et 12 000 références actives", explique Charlotte Journo-Baur, présidente fondatrice de Wishibam. "C’est une première dans un centre-ville et on est très fier de l’avoir fait à Angers."

"Il faut que le e-commerce renforce le commerce physique, qu'il devienne un complément de revenus pour les commerçants pour leur permettre de lutter à armes égales avec Amazon", défend Charlotte Journo-Baur.

Les achats sont parfaitement sécurisés et livrés sous 24 heures, 72 heures maximum, sur la métropole angevine.

En une journée, le site a déjà généré 20 000 visites et 10 000 euros de chiffres d'affaire. Son développement s'annonce prometteur, puisque près de 240 commerçants angevins se sont déclarés intéressés pour rejoindre la plateforme.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société économie