DECRYPTAGE. Angers : Guy Georges, l'enfance ligérienne du tueur en série

"Les femmes et l'assassin", c'est le nom du documentaire exceptionnel sur la traque du tueur en série Guy Georges et qui sort jeudi sur Netflix. Retour sur la personnalité et l'enfance, difficile, de celui qu'on a surnommé le tueur de l'est parisien. Une enfance au coeur du Maine-et-Loire.
Guy Georges, lors de l'ouverture de son procès à la cour d'assises de Paris, le 19 mars 2001
Guy Georges, lors de l'ouverture de son procès à la cour d'assises de Paris, le 19 mars 2001 © DOMINIQUE ALLIE/MAXPPP

C'est l'un des plus grands tueurs en série français, condamné en 2001 à la perpétuité avec 22 ans de sûreté.

Guy Georges, 7 meurtres, en 7 ans. 7 jeunes filles violées, égorgées à Paris dans les années 90.

Celui qu'on appelle alors "le tueur de l'est parisien" est un psychopathe dangereux, diagnostiqué comme tel par de multiples experts. Et dont les premiers traumatismes remontent à l'enfance.

Guy Georges naît en 1962 d'une union sans lendemain entre un soldat afro-américain de passage en France et une Angevine Hélène Rampillon, qui l'abandonne.

"Un enfant gentil"

 Il est confié à la DDASS de Maine-et-Loire puis placé dans une famille d'accueil à Auverse, près d'Angers, chez les Morin.

Il grandit entouré de 12 autres frères et sœurs. 

"C'était un gentil garçon, je ne peux pas dire autre chose, expliquait en 2001 Jeanne Morin, mère nourricière de Guy Georges, c'était un enfant pas caractériel, un enfant gentil, un enfant qui n'a jamais cherché la bagarre".

L'enfant est scolarisé dans sa commune puis au collège Notre-Dame de Baugé en-Anjou. Mais il n'aime pas l'école et préfère chasser en solitaire en forêt.

Guy Georges, enfant
Guy Georges, enfant © France Televisions

A 14 ans, première agression, il tente d'étrangler l'une de ses sœurs puis une autre. 

Sa famille l'envoie à la Marmitière, foyer spécialisé pour jeunes en difficulté à Saint-Barthélémy d'Anjou, en banlieue d'Angers. En vain, ses pulsions meurtrières reprennent.

A Paris, il erre entre prostitution, alcool, squats et agressions sexuelles. Il tue pour la première fois en 1991. Et récidivera six fois avec le même mode opératoire.

Guy Georges
Guy Georges © France Televisions

"Pour lui, l'autre n'existe pas, et quand c'est une femme, l'autre n'existe tellement pas qu'il l'assassine, expliquait Alain Maury, avocat d'une famille de victime, lors du procès de Guy Georges à Paris en 2001, on a un individu qui, à chaque fois qu'il sera dans des conditions lui permettant d'assassiner une femme qui correspond au genre de femme qu'il cherche, le fera".

Confondu par son ADN

7 ans de chassé-croisé  avec la police et la justice, de traque interminable. A chaque fois, l'enquête piétine faute d'absence de fichiers génétiques. Jusqu'au jour où le juge d'instruction en charge de l'affaire demande à tous les laboratoires de France de croiser l'ADN inconnu avec leurs fichiers existants.

Et c'est grâce à un laboratoire nantais, l'Institut Français des Empreintes Génétiques de Nantes, que l'énigme meurtrière est enfin résolue.

Guy Georges sera confondu par son ADN
Guy Georges sera confondu par son ADN © France Televisions

"Là nous découvrons que la trace ADN inconnue correspond à un individu que nous avons eu précédemment dans un dossier de la brigade criminelle et que cet individu s'appelle Guy Georges, raconte Pascal Olivier, directeur de l'Institut Français des Empreintes Génétiques de Nantes.

Confondu par son ADN, Guy Georges est arrêté en mars 1998, année de la création du Fichier national automatisé des empreintes génétiques. 

Il est condamné en 2001 à la perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans qui a pris fin l'année dernière. Le tueur pourrait demander à sortir mais, à ce jour, Guy Georges, 56 ans, n'en a toujours pas fait la demande.

"Une sorte d'hommage aux victimes"

"Les femmes et l'assassin" sort ce jeudi 8 septembre sur Netflix, un regard croisé de plusieurs femmes sur le parcours meurtrier de l'assassin dans la capitale, "des femmes qui ont soit combattu, soit défendu Guy Georges".

"C'était pour rendre une sorte d'hommage aux victimes", explique Patricia Tourancheau, journaliste et co-réalisatrice de ce film, "les victimes n'apparaissent pas mortes mais elles apparaissent vivantes dans notre film. Les femmes témoin sont des femmes fortes, énergiques et qui ont permis de pourchasser et batailler contre ce prédateur qui s'attaquait à des jeunes femmes".

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