Laval : le service des urgences fermé quatre nuits cette semaine

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Écrit par Christophe Turgis
Le service des urgences de l'hôpital de Laval ferment la nuit par manque de médecins
Le service des urgences de l'hôpital de Laval ferment la nuit par manque de médecins © Florence Stollesteiner / MAXPPP

Faute de médecins disponibles, les urgences de l'hôpital de Laval fermeront la nuit des 1er, 4, 6 et 7 novembre, de 18 h 30 à 8 h 30. Le centre hospitalier demande aux personnes de contacter le 15, ou le 116 117 avant de se déplacer. Seules les urgences vitales seront traitées.

 

Pour se rendre au service des urgences au centre hospitalier de Laval composer d'abord le 15 ou le 116 117. Un médecin examinera la demande et décidera de la suite à donner. Les responsables de l'hôpital précisent que seules admissions seront réservées aux urgences vitales, les nuits des 1er, 4, 6 et 7 novembre. Les urgences pédiatriques ne sont pas concernées.

Comment en est-on arrivé à pareille situation dans une agglomération comme celle de Laval ? Le service est en tension depuis de nombreuses semaines. En manque de médecins urgentistes, les personnels médecins et paramédicaux sont en grève illimitée depuis le 9 octobre. Grève ne voulant pas dire absence de soins, les personnels grévistes étant requis par l'administration. 

Le département attire peu les jeunes médecins, et la perspective de travailler dans des conditions éprouvantes aux urgences, font que le service se retrouve en manque de moyens humains. La semaine dernière, première semaine des congés scolaires de la Toussaint, le service a pu fonctionner avec la réserve sanitaire, impossible à mettre en œuvre cette seconde semaine. D'où cette décision de la direction de l'hôpital, prise en accord avec les médecins.

Manque de médecins

Caroline Brémaud, la cheffe des urgence alerte la direction depuis avril. Remplaçants de dernière minute et heures supplémentaires font que les choses passaient. Depuis l'été le service a fonctionné avec un médecin au lieu de deux la nuit, une situation intenable.

"On n'est plus assez nombreux pour assurer les gardes, on est en difficulté sur le planning de journée et essentiellement sur le planning de nuit. Il suffit de quelques absences pour que ça devienne catastrophique. On a des médecins qui vont partir d'ici la fin de l'année, c'est le début d'une période très compliquée pour les urgences de Laval et du département".  Caroline Brémaud est plutôt pessimiste, estimant que le même manque de personnel contraindra aux mêmes fermetures dans les semaines à venir.

Meryam El Hamdaoui, aide-soignante aux urgences et déléguée syndicale CGT partage le même point de vue. "On ferme le service plusieurs nuits cette semaine en accord avec le corps médical. On fait venir la réserve sanitaire, mais ce n'est pas une solution pérenne, c'est pour les situations de crise, mais nous ne sommes pas en crise. Le problème va se reproduire si l'hôpital ne recrute pas".

Et la déléguée syndicale d'ajouter : "Les urgences sont la partie visible du manque de médecins au CH de Laval, le médecin pneumologue n'est là qu'une semaine sur deux... On est à un point de non-retour", soupire celle qui ne ménage pas sa peine et voit son hôpital se défaire.

Mise en danger des professionnels et des patients

Outre la question des médecins en interne, les urgences souffrent du manque de médecins en ville. "Il y a huit ans, on avait 60 ou 80 personnes par jour, maintenant c'est 100 ou 120. Il y a les vraies urgences, qui nous sont envoyées par les généralistes, et puis les autres, des personnes sans médecin qui ne savent où s'adresser et qui vienne ici pour trouver un soin", remarque Meryam El Hamdaoui.

L'aide-soignante comprend la désaffection des médecins pour le service des urgences : "Ils font les gardes aux urgences, plus celles du SMUR. Ce n'est pas tenable, quand ils arrivent le matin, il reste parfois quinze patients qui n'ont pas pu être soignés depuis la veille"

Le service des urgences ferme pour la première fois. Caroline Brémaud est consternée, "Il n'y a personne, il n'y a personne voilà", et attristée, "c'est un sentiment d'échec, il y a une telle mise en danger de tout le monde, les professionnels et les patients, qu'on n'a pas d'autre possibilité"

La nuit prochaine c'est l'infirmière d'urgence qui accueillera les patients, et qui avisera avec le médecin du SMUR. 

 

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