Musée de Laval : échange tableau de Séraphine contre tableau de Séraphine

Moment important à l'arrivée du tableau : la recherche de défauts / © Pierre-Erik Cally
Moment important à l'arrivée du tableau : la recherche de défauts / © Pierre-Erik Cally

Ce sont deux tableaux de Séraphine qui se sont croisés. L'un est parti pour le musée Maillol à Paris. L'autre est arrivé à Laval. Une pratique courante.

Par Pierre-Erik Cally

Une Séraphine contre une Séraphine… Drôle de troc mais une pratique courante entre musées.

Ainsi  "le Bouquet de fleurs sur fond rouge" arrive en Mayenne alors que le "Bouquet de Mimosas" est parti pour la capitale.

Le musée Maillol débute une très belle exposition sur les "grands maîtres naïfs" jusqu’au 19 janvier 2020.
Et parmi les œuvres du Douanier Rousseau et autres peintures singulières figurent quelques réalisations de Séraphine. Dont le tableau mayennais.

"Cela permet de faire circuler les œuvres et d’opérer un certain renouvellement des expositions même s’il n’est que temporaire", explique Antoinette le Falher, la directrice des musées de Laval.
 

Passé à la loupe...

Si les musées arrivent à coopérer relativement facilement, en revanche les mises à disposition sont toujours très codifiées. Il y a une observation stricte du tableau au départ et à l’arrivée. Comme lorsque vous louez une voiture. Ou comme un état des lieux pour un appartement.

Les peintures sont passées à la loupe, ici l’expression est au sens propre et chaque défaut, s’il y en a, est noté.

Les échanges sont gratuits, ne restent à la charge de l’emprunteur que les coûts de transport et d’assurance.
 

Qui est Séraphine ?

Le Séraphine parisien est arrivé à Laval il y a quelques semaines.

Bien emballé, bien protégé, il est immédiatement scruté par Antoinette Le Faller, Alain Guédon le régisseur et Nathalie Houzé, la responsable des collections du musée Maillol. Il est ensuite accroché toujours avec précaution et visible désormais par le public lavallois.

Mais qui est cette Séraphine ? Ou plutôt Séraphine Louis, dite  Séraphine de Senlis. Née dans l’Oise au nord de Paris en 1864 c’est une véritable autodidacte, simple femme de ménage.

Elle fait véritablement partie des artistes du monde de l’art naïf. Morte en 1942 dans le dénuement le plus total après avoir été internée en hôpital psychiatrique, elle laisse des tableaux particulièrement colorés et intriguant dans leur profusion de lignes.

Une artiste que l’on avait un peu oubliée. Jusqu’en 2008. Date de sortie du film Séraphine avec Yolande Moreau qui aura pas moins de huit récompenses à la cérémonie des Césars, dont le plus envié : le César du meilleur film.
 
Le "Bouquet de fleurs sur fond rouges" est à découvrir au musée du château de Laval jusqu’au 19 janvier 2020.

Sans oublier une fort intéressante exposition temporaire signée Alain Pauzié.
Une bien étrange caméra signée Alain Pauzié
Une bien étrange caméra signée Alain Pauzié



 

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