Mayenne : trop de haies détruites, le cri d'alerte du Collectif Bocage 53

Sur le bord des routes de la Mayenne de nombreuses haies ont disparu et des arbres sont abattus / © Pierre-Erik Cally
Sur le bord des routes de la Mayenne de nombreuses haies ont disparu et des arbres sont abattus / © Pierre-Erik Cally

Un collectif rassemblant une quinzaine d'associations s'alarme de la situation de la Mayenne en matière de haies et du bocage en général. Dans un dernier communiqué, il révèle des chiffres inquiétants.

Par Pierre-Erik Cally

Le Collectif Bocage 53  n’en démord pas : la Mayenne perd son patrimoine écologique et dans un récent communiqué il fournit cette fois des chiffres parlants (source DDA et Point info bocage).

"18 000 kilomètres de haies détruites entre 1990 et 2018 soit 600 kilomètres par an ! Depuis les années 90 nous sommes passés de 125 mètres de haies à l’hectare à tout juste 70 mètres aujourd’hui, soit 44% en moins".

Avant de poursuivre leurs récriminations relatives plus précisément au thème malheureusement très actuel de notre environnement et de l’air que nous respirons. Avec un nouveau calcul qui traduit l’intérêt de conserver ces haies,"1 km de haie ce sont 5 tonnes de CO2 capturées par an".

Sans oublier l’impact sur la faune notamment les oiseaux,"1 km  de haie représente 10 couples d’oiseaux nicheurs soit un million d’oiseaux perdus sur 10 ans."

Une biodiversité malmenée alors que le danger est très largement identifié, à l’échelle mondiale.

En Mayenne, département considéré comme "vert" les choses n’évoluent pas forcément dans le bon sens… "52% des prairies ont disparu 25000 hectares de surfaces ont été urbanisées, imperméabilisées (source Agreste)".

Les associations critiquent les différents PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal) et POS (plan d’occupation des sols) adoptés dans nombre de municipalités à l’exception de l’agglomération de Mayenne très soucieuse de cette problématique.
 

Un véritable paradoxe

Tout ceci alors qu’il y a quelques semaines, Emmanuelle Wargon la Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire est venue en Mayenne saluer le replantage des haies par certains agriculteurs engagés dans cette cause.

Un vrai paradoxe avec, d’un côté, des directives européennes plutôt strictes sur l’attention qu’il convient de porter à notre environnement, et la réalité qui voit des coupes d’arbres effrénées.

C’est notamment le cas en Mayenne pour cause de fibre optique. Les agriculteurs sont obligés de raser leurs haies bocagères ; les arbres et arbustes risquant d’endommager le réseau aérien…
Les poteaux transportant la fibre optique ne doivent pas frôler les arbres comme ici / © Pierre-Erik Cally
Les poteaux transportant la fibre optique ne doivent pas frôler les arbres comme ici / © Pierre-Erik Cally

Et les chiffres assénés par le collectif Bocage 53 et pas toujours agréables à entendre continuent, "en 150 ans environ l’Humanité a effacé les 400 millions d’années antérieures qui lui avaient permis d’émerger grâce aux puits de carbone induits par la photosynthèse bactérienne et végétale."

Un collectif qui ne veut pas que la Mayenne prenne des allures de Beauce : ces interminables champs sans reliefs, dégarnis de toutes haies, de tous arbres…

Alors ses militants en appellent au réveil et à la vigilance de tous, "autorités, collectivités, institutions, associations, agents économiques, simples citoyens consommateurs et contribuables".

Et parmis tous les problèmes dénoncés, il y a aussi le bois déchiqueté.

"Au départ, c'est une bonne idée pour alimenter les chaufferies", explique Jean-Marc Lalloz, le coordinateur de Bocage 53, "mais on est parfois dans l'excès avec trop d'arbres coupés pour ça. Et en plus parfois le bois déchiqueté est expédié bien plus loin qu'en Mayenne avec donc un bilan carbone négatif et un territoire encore une fois défiguré"

"Mais attention nous ne faisons ni ne voulons faire de l'agri-bashing. Les agriculteurrs sont bien plus souvent victimes de cet état de fait", précise-t-il.

Un rassemblement est prévu à 10 heures samedi matin à Lévaré (53) au point 241 pour parler de tous ces sujets.
 

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