Pays de la Loire : trois nouveaux hélicoptères pour les SMUR de la région

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A Nantes, Angers et La Roche-sur-Yon, les services d'urgences des hôpitaux se sont dotés de nouveaux hélicoptères. En Vendée, il a été décidé d'augmenter la disponibilité de l'héliSMUR.

Sur l'hélisurface, sur le toit du CHU de Nantes, un nouvel appareil : un bi-turbines Airbus H145 D3. 

Cet hélicoptère équipe désormais le SMUR de Nantes, en remplacement de l'ancien, un Bell 429, utilisé depuis 2014. Plus spacieux, l'Airbus H 145 permet d'emporter en plus de l'équipage composé du pilote et de son assistant de vol, trois soignants au lieu de deux auparavant.

"On peut associer un soignant supplémentaire, se réjouit Joël Jenvrin, directeur du SAMU de Nantes et responsable du SMUR, que ce soit pour la formation ou pour du personnel de renfort sur une intervention lourde."

L'embarquement du patient se fait par l'arrière et comme l'héliSMUR est une ambulance volante dans laquelle on doit pouvoir prodiguer des soins, le volume plus important de ce nouvel appareil permettra aux équipes de travailler dans de meilleures conditions ainsi qu'une meilleure prise en charge des couveuses.

La gestion des héliSMUR est confiée aux services d'urgences des hôpitaux mais leur financement est assuré par l'Agence Régionale de Santé et l'Etat.

Ainsi, en Pays de la Loire, la cellule des marchés du CHU de Nantes, compétente pour la région, a publié un appel d'offres pour renouveler la flotte d'hélicoptères des services d'urgences. Il y en a trois, à Nantes, Angers et La Roche-sur-Yon.

C'est la société Babcock qui a remporté cet appel d'offres, cette société qui travaille dans les domaines de la Défense et du nucléaire est également spécialisée dans les services d'urgence. 

Le budget de 3 838 442 € (annuel pour 10 ans de contrat) dédié à ce renouvellement des héliSMUR de la région implique donc la mise à disposition des hélicoptères, de leurs équipages, des mécaniciens et de la maintenance, les services d'urgence des hôpitaux se chargeant des équipes médicales.

L'héliSMUR de Vendée monte en puissance

En Vendée, jusqu'à présent, l'héliSMUR de La Roche-sur-Yon était partagé avec celui d'Angers. Il était basé huit mois à Angers et les quatre mois d’été à La Roche-sur-Yon. Mais l'augmentation de l'activité touristique sur la côte vendéenne a contraint d'augmenter les moyens dans ce département. Là aussi, c'est un nouvel hélicoptère qui a été livré il y a un mois, possédant la même cabine sanitaire mais aux performances mécaniques légèrement moindres.

"On a décidé vu que l’afflux de touristes arrive dès avril aux Sables d’Olonne de passer à un H24 six mois de l'année." explique le Dr Thierry Le Guen, de l'ARS.

Celui d'Angers, renouvelé lui aussi début avril (et du même type que celui de Nantes), est mobilisable 24h/24 les six mois estivaux et 12h/24  les six autres mois. Il a compétence aussi pour la Sarthe et la Mayenne.

voir le reportage sur l'héliSMUR d'Angers

Compenser le manque d'urgentistes

La présence d'héliSMUR est certes la garantie d'une intervention rapide, parfois dans des lieux inaccessibles et éloignés d'hôpitaux, donc une chance supplémentaire d'être sauvé pour des blessés graves mais c'est aussi le moyen de raccourcir le temps de mobilisation d'une équipe SMUR. Or, en ces temps de pénurie d'urgentistes, cet aspect n'est pas négligeable et est clairement évoqué par l'Agence Régionale de Santé.

"On gagne du temps, on mobilise moins longtemps une équipe, confirme le Dr Le Guen. Le SMUR sarthois est souvent fermé (par manque d'urgentistes), l’hélicoptère pourra compenser. Du fait de la pénurie d’urgentistes, on est obligé de trouver des mesures qui vont diminuer les temps d’intervention. C’est aussi plus confortable pour les patients. On ne peut pas pour l’instant compléter en ressources humaines, ça va s’améliorer dans les années à venir, mais il fallait prendre des mesures en attendant."

Les missions des héliSMUR

Le but est pour tout les ligériens d'avoir accès à un SMUR en moins de 30 mn, d'où l'importance de pouvoir disposer d'héliSMUR.

Les héliSMUR ont deux types de mission :  les transports primaires, sur les lieux d’accident, partout où un poser est possible. Les pilotes ont d'ailleurs leur mot à dire en cas notamment de conditions difficiles. Et les transports secondaires que sont les transferts entre les hôpitaux.

En 2021, les héliSMUR de la région ont effectué 1 200 interventions.

Pilote d'héliSMUR

A Nantes, il y a deux équipages par semaine (un pilote/un assistant de vol). L'un fait le jour 8h/20h, l'autre la nuit 20h/8h avec une permanence de 7 jours.

Yves Develay est l'un des pilotes de l'héliSMUR de Nantes. Comme 90 % de ses collègues, il a acquis sa première expérience comme militaire. Il a été pendant 15 ans dans l'aviation légère de l'Armée de Terre française en Allemagne et à Pau avant de faire un passage par les compagnies pétrolières pour assurer la liaison avec les plateformes offshore. Yves est arrivé il y a une dizaine d'années au SMUR de Nantes pour le compte de la société Babcock.

"Il n'y a pas de routine dans ce métier, explique-t-il. Les missions ne sont jamais les mêmes, les lieux de poser ne sont jamais les mêmes."

C'est son équipier, Franck Denion qui est en charge de trouver la zone d'atterrissage lorsqu'il ne s'agit pas de l'hélisurface d'un hôpital. Pour cela, il est renseigné par les premiers secours sur place ou se sert de photos satellite. Et une fois sur le lieu d'intervention, deux paires d'yeux valent mieux qu'une pour repérer les dangers éventuels, lignes haute tension, champs cultivés... 

Le CHU de Nantes poursuit d'ailleurs son travail de recensement des zones "atterrissables" de nuit dans son rayon d'action. Ce sont souvent des stades qui peuvent être éclairés.

L’assistant de vol aide aussi au brancardage des patients.

Quant aux équipes médicales embarquées, elles doivent recevoir une formation spéciale concernant la sécurité en vol.