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Procès Guittard : “Madame Rafjaoui est l’auteur de l’assassinat. L’arme du crime, c’est Jean-François Ornano.”

© Image de Cécile Claveaux
© Image de Cécile Claveaux

Au huitième jour du procès Guittard, la cour a écouté la déclaration de Touria Rafjaoui. L'accusée assure qu’elle n’a pas facilité l’accès au logement de son mari. Dans ses plaidoiries, la partie civile fait d'elle "l'auteur de l'assassinat". 

Par Sofian Aissaoui

Pour la huitième journée du procès Guittard, la cour a d'abord entendu l'accusée Touria Rafjaoui. L'après-midi était consacrée aux plaidoiries des avocats de la partie civile.

"On va rendre une visite à Fred."

Dans les détails, l’accusée raconte cette fête des voisins du mois de juin 2015. « Il faisait beau, c’était sympa. (…) On avait emmené des boissons fraîches. » Pendant de longues minutes, Touria Rafjaoui se perd dans les descriptions. Le président met fin à sa logorrhée. « Vous pouvez peut-être abréger sur la fête des voisins ? » 

La cour s’impatiente. Touria Rafjaoui décrit cette soirée du 28 juin 2015, un dimanche. Ce soir-là, elle dit s'être baladée en voiture avec Jean-François Ornano : « Je lui ai montré où habitait Fred, au premier. » Toujours d’après sa déclaration devant la cour, les deux Corses, Jean-François Ornano et Magalie Pinardaud, auraient pris le café très tôt le lendemain. 

Avant qu’ils ne reprennent la route du retour, Touria leur aurait réclamé « le badge ». Ce badge, c’est celui qui permet d’accéder à l’un des immeubles de la rue Albert Maignan : au premier étage, s’y trouve le logement de Frédéric Guittard. « On va rendre une visite à Fred » lui aurait déclaré Magalie Pinardaud. 
 

Le badge, au coeur des questions de la cour

Touria Rafjaoui a-t-elle fourni un badge d’accès au logement de Frédéric Guittard ? La question est revenue, plusieurs fois, au cours de cette huitième journée de procès. Le Président de la cour l’a rappelé : la version de Touria Rafjaoui n’a cessé d’évoluer au fur et à mesure de ses auditions.

A cinq reprises jusqu’en octobre 2015, cette dernière n’a jamais évoqué que ce badge aurait pu finir dans les mains de Magalie Pinardaud et Jean-François Ornano. « Cinq fois vous êtes entendue en audition libre (Touria Rafjaoui n’était pas encore en garde à vue ndlr) jamais vous ne parlez de tout ça. »

L’accusée cherche ses mots. Elle dit tenter de puiser dans ses souvenirs : « Je ne suis sûre de rien » confie-t-elle. « J’ai parfois l’impression qu’il y a un océan entre les mots juridiques et les miens, ceux de l’affect.(…) Je n’ai pas peur de la justice. Ce qui me faisait peur, c’était ce qu’allaient penser mes enfants. C’était eux mes juges. » a-t-elle ajouté en pointant Magalie & Salomé du doigt.
 

A notre micro, Maître Soret, l'avocat des filles de la victime, a précisé : "Si Touria Rafjaoui admet remettre le badge, elle admet sa complicité pour fourniture de moyens et elle peut donc être condamnée par la cour d'assises, au même titre que si elle avait tenu l'arme."

La partie civile évoque un "crime de haine" 

L'un des avocats des proches de Frédéric Guittard a souhaité se faire "l’avocat de la mémoire de cet homme." Plus tard, maître Proust évoquera l'inhumanité de l'acte et les déclarations des accusés.

« Il m’est rarement arrivé d’assister à autant de contre-vérités [...] J’ai le sentiment depuis deux semaines que madame Rafjaoui a le mauvais rôle dans un mauvais feuilleton. » 

Madame Rafjaoui est l’auteur de l’assassinat. L’arme du crime, c’est Jean-François Ornano.

Plus tard, maître Soret terminera quant à lui sa plaidoirie avec des mots visant directement Touria Rafjaoui et Jean-François Ornano :

Votre pièce a commencé par 3 coups, elle se terminera par un verdict de condamnation. Quand le verdict tombera, vous serez seuls dans votre cellule froide, avec votre fantôme. Mélissa et Salomé ont perdu un père. Elles ont aussi perdu une mère.

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