Soldes d'été : Nantes, Le Mans, La Roche-sur-Yon, un bilan mitigé pour les commerçants

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Décalées, raccourcies pour cause de confinement, les soldes d'été s'achèvent ce mardi 11 août. Les commerçants dressent un bilan plutôt mitigé.

Il a fallu s'habituer au masque et à la petite noisette de gel hydroalcoolique, aux files d'attente devant les magasins pour respecter la distanciation physique entre clients, mais les mesures sanitaires n'ont pas découragé tous les acheteurs. Selon les commerces, les professionnels tirent un bilan mitigé des soldes 2020. 


Fréquentation surprise à La Roche-sur-Yon

En Vendée, à La Roche-sur-Yon, Clément Plault, président d'une association regroupant 130 commerces du centre-ville a même été très agréablement surpris : "On n'est pas sur les mêmes niveaux que l'an dernier, mais globalement, on a tous fait plutôt mieux que les estimations prévisionnelles de nos comptables." Une fréquentation qu'il attribue à des habitudes prises pendant le confinement.

Pour éviter la grande distribution, les consommateurs auraient privilégié les petites boutiques. Une tendance bienvenue quand la plupart des commerçants sortaient du confinement avec d'importants besoins de trésorerie et des stocks conséquents à écouler.
 

Les grandes enseignes et franchisés ont plus souffert

Au Mans, les petites boutiques semblent également tirer leur épingle du jeu. "On a l'impression que les gens avaient envie de se faire plaisir à la sortie du confinement", note Philippe Guider, président de l'association "J'aime le commerce de proximité". Selon lui, ce sont les grandes enseignes et les franchisés qui ont le plus souffert du décalage des dates.

"Beaucoup de monde était en vacances, et les franchisés n'avaient pas forcément la possibilité de proposer des rabais importants. Quant aux grandes enseignes, elles proposent toute l'année des ventes privées, des promotions, au détriment des marges. Le client, lui, ne s'y retrouve pas et ne sait plus quel est le bon prix."

A Nantes, les queues parfois très importantes à l'entrée des magasins semblent avoir parfois découragé la clientèle, mais ceux qui entraient dans les boutiques sortaient rarement les mains vides. Après deux mois de fermeture, certains commerçants indépendants, acculés, ne pouvaient pas non plus proposer les mêmes rabais que d'habitude, et se sont trouvés concurrencés par les grandes enseignes, qui elles, ont tout de suite proposé d'importantes remises. 
 

Les soldes concurrencées par le commerce en ligne

Surtout, depuis longtemps, les soldes ne drainent plus les mêmes foules qu'autrefois : "Dès le déconfinement, le commerce en ligne a attaqué très fort, avec des promotions très agressives. Il faut que nous mettions un coup d'accélérateur pour recréer une dynamique. Proposer des chèques cadeaux dématérialisés, du drive, pour résister au digital", explique Olivier Dardet, président de l'association Plein Centre.

Avec la fin de ces drôles de soldes, les commerçants ont désormais les yeux rivés sur la période de la rentrée, celle de tous les dangers avec la menace d'un nouveau confinement. Le télétravail a aussi éloigné beaucoup de salariés des centre-ville qu'ils fréquentaient lors des pauses déjeuner. Alors que les emprunts contractés pendant le confinement doivent être remboursés, la plupart des commerces attaqueront l'automne fragilisés comme jamais.