Assassinat de Samuel Paty, Bruno Retailleau veut "des armes pour réarmer la République face au totalitarisme islamiste"

Le Vendéen Bruno Retailleau, le chef de file des Républicains au Sénat, était l'invité ce mardi soir de notre édition régionale.
Le sénateur vendéen Bruno Retailleau au micro de France 3 Pays de la Loire, le 20 octobre 2020
Le sénateur vendéen Bruno Retailleau au micro de France 3 Pays de la Loire, le 20 octobre 2020 © France 3 Pays de la Loire
Il avait annoncé le week end-dernier "Je ne serai pas place de la République", au rassemblement en hommage à Samuel Paty mais Bruno Retailleau, sénateur de Vendée a, en revanche, bien l'intention de participer à l'hommage national rendu ce mercredi 21 octobre au professeur assassiné vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. "Je vais participer à l'hommage national demain", a déclaré Bruno Retailleau dans notre édition régionale ce mardi soir 20 octobre.

"La lutte contre l'islamisme ne peut pas supporter un certain nombre d'ambiguités", a déclaré le sénateur vendéen, revenant sur son absence au rassemblement parisien de dimanche dernier, "je pense qu'on a trompé les Français, je pense qu'il y a eu des marches et trop de recul".

Je pense que ce que l'on doit faire pour honorer justement la mémoire de Samuel Paty ce ne sont pas des larmes, ce sont des armes pour réarmer la République face au totalitarisme islamiste

Bruno Retailleau

Il avait auparavant annoncé vouloir lancer un combat contre l'immigration massive car "désormais le lien est établi", avec une limitation de l'accueil des étrangers et des regroupements familiaux, plus d'expulsions, des propos que le Rassemblement National ne renierait probablement pas.

"Le tueur de Villeurbanne était un Afghan, l'homme au hachoir qui a attaqué deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo était un faux mineur pakistanais, je voudrais redire que celui qui a décapité Samuel Paty était un Tchetchène*, a énuméré Bruno Retailleau, alors oui il y a un lien entre une immigration que l'on ne peut plus contrôler, une difficulté d'assimilation de nos valeurs républicaines et un terreau du communautarisme dans lequel se nourrit évidemment l'islamisme".

"Ce que je souhaite que la France fasse c'est ce que l'Allemagne a fait pour limiter le regroupement familial, ce que la Suède a fait,
a poursuivi le sénateur, aujourd'hui la France est le pays d'Europe qui n'a pas rehaussé son bouclier, sa protection vis-à-vis d'une immigration massive".

Il faut dire la vérité aux Français car ce sont les Français les plus fragiles qui supportent le plus d'inconvénients vis-à-vis de cette immigration qui n'est pas contrôlée

Bruno Retailleau

Bruno Retailleau est candidat à la primaire des Républicains pour la Présidentielle 2022, la lutte contre l'immigration sera-t-elle pour lui une ligne majeure ?

"Ma ligne, c'est une ligne de vérité et de courage. Je pense que si, malheureusement, trop de nos électeurs ont fui dans l'abstention ou dans le vote protestataire, c'est parce qu'on les a déçus, a répondu Bruno Retailleau, je pense que la lutte contre l'islamisme, c'est important, c'est un combat global, c'est un combat qui vise bien sûr à limiter une immigration que l'on ne contrôle plus mais c'est un combat qu'on doit aussi mener sur le plan, par exemple, des mosquées qu'on doit fermer lorsqu'il y a des prêcheurs de haine, qu'on doit mener aussi pour reconquérir des territoires perdus de la République"

"Ce qui s'est passé avec Samuel Paty, ce n'est pas simplement une décapitation, c'est l'application de la charia sur le sol français,
a poursuivi Bruno Retailleau, combien de professeurs dans un certain nombre de départements de France oseront encore enseigner la liberté d'expression avec, à l'appui, ces dessins de Charlie Hebdo ?".

► L'intégralité de l'interview de Bruno Retailleau
 

Un hommage national à Samuel Paty

Le président Emmanuel Macron a choisi la cour de la Sorbonne, lieu symbolique de l'esprit des Lumières et de l'enseignement, comme lieu de l'hommage national qui sera rendu à Samuel Paty mercredi en fin d'après-midi.

Vendredi 16 octobre, vers 17 heures, Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, à proximité du collège où il enseignait dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, avant d'être tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là.
    
Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.


* Le 31 août dernier, un Afghan de 33 ans a tué un jeune homme de 19 ans à l’arme blanche au métro Laurent-Bonnevay de Villeurbanne. Le 25 septembre dernier, une attaque au hachoir a fait deux blessés à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo.




 
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