Dimanche en politique : Bruno Retailleau, l’éternel second qui se rêve premier des Français

Longtemps, il a été dans l’ombre d’autres hommes politiques. Aujourd’hui, Bruno Retailleau veut prendre la lumière, seul. Le Sénateur vendéen est candidat à la primaire de la Droite pour la Présidentielle. Mais c’est bien connu, il n'est pire ennemi que ses proches…

Depuis le renoncement de François Baroin, La Droite se cherche un leader mais le parti ne se met pas en ordre de marche derrière le Vendéen, jugé trop à droite et conservateur pour l’emporter à la présidentielle.
Depuis le renoncement de François Baroin, La Droite se cherche un leader mais le parti ne se met pas en ordre de marche derrière le Vendéen, jugé trop à droite et conservateur pour l’emporter à la présidentielle. © France Télévisions

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Dimanche en Politique avec Bruno Retailleau

C’était le 3 novembre dernier. Sur le site de "Force Républicaine", une lettre est mise en ligne. Une lettre aux Français, signée du président de ce mouvement satellite des Républicains, Bruno Retailleau. "Nous pouvons remettre la France en ordre", c’est son titre. En 6 pages, le Vendéen fait un état des lieux de la France, catastrophique. Puis propose des pistes pour sortir de cette situation : des référendums pour réformer le droit du travail, la politique d’immigration, les retraites, un 13è mois pour les plus modestes, le retour des peines plancher, des baisses d’impôts…

Une vision de la France, qui dessine les 1ers contours d’un programme électoral.

Car ce 3 novembre marque bien un tournant dans la carrière d’un homme qui ne veut plus être au service que d’une cause politique : la sienne.

Un tournant, car longtemps, Bruno Retailleau a été perçu comme le loyal, l’efficace, l’indéfectible second… D’abord auprès de Philippe de Villiers, avant une violente rupture politique et personnelle en 2010. Puis auprès de François Fillon, qu’il soutiendra jusqu’au bout, envers et contre tous, dans la campagne présidentielle de 2017.

Retour sur le parcours de Bruno Retailleau

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Bruno Retailleau, son parcours, ses convictions, ses choix,...

Cette fois, celle de 2022, c’est pour lui, lui seul estime-t’il. Alors fin août, il est le 1er à afficher ouvertement ses ambitions. Il se déclare candidat à la Primaire de la Droite, qui pourrait désigner le futur candidat à l’élection présidentielle.

Un timing qui est un contre-la-montre, car il sait que dans son parti, peu vont le soutenir… Alors prendre de vitesse les Républicains, c’est se donner une petite longueur d’avance. C’est défier ceux qui voulaient maîtriser l’horloge du temps. L’abandon de François Baroin, que Bruno Retailleau fait opportunément fuiter, change la donne à Droite. Mais les tenors du parti sont réticents sur une primaire, que beaucoup voient comme une "machine à perdre". Elle est pourtant dans leurs statuts.

Sur la proposition de Bruno Retailleau de créer un système de vote préférentiel, à un seul tour, pour éviter les guerres fratricides. Pas de réaction chez LR… Sur le calendrier proposé par le sénateur de Vendée, octobre 2021. Pas de commentaires…

Des silences qui en disent long sur le malaise au sein des Républicains. La majorité du parti ne veut pas de la ligne Retailleau. Une ligne très droitière, jugée responsable de l’échec de François Fillon en 2017 et de François-Xavier Bellamy aux Européennes de 2019 : 8,5%, le pire score qu’ait jamais connu la Droite en France à une élection.

Et peu importe qu’un sondage, interne aux adhérents à jour de cotisation chez LR, ait placé en novembre Bruno Retailleau comme candidat préféré de ces militants.

"On ne m’a pas félicité pour ce résultat" dit dans un sourire le sénateur, qui pointe l’importance de maintenir une primaire pour choisir un leader à la Droite.

Pourquoi une primaire ?

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Bruno Retailleau : pourquoi il faut une primaire ?

Et pour incarner une candidature à la primaire, il faut aussi se positionner en tant qu’opposant. Et là, Bruno Retailleau tape fort sur l’exécutif. Il dénonce sa gestion du terrorisme, réclame la fin de l’immigration massive et la hausse des expulsions, la limitation du regroupement familial…

Des propositions qu’on pourrait imputer à Marine le Pen : "je m’en fiche" déclare Bruno Retailleau, "ces propositions sont très largement reprises par ma famille politique, et même au-delà"

Très critique aussi sur la gestion qualifiée de "chaotique" de la pandémie. Pour Bruno Retailleau, il fallait maintenir les petits commerces ouverts… Une position qualifiée de "lamentable démagogie" par Emmanuel Macron, cité dans Le canard enchainé.

Le Chef de l’Etat qui traite même de "fada" le sénateur vendéen. Mais son éventuelle candidature à la Présidentielle ferait pourtant les affaires de l’actuel locataire de l’Elysée.

Car un candidat très à Droite pourrait ramener vers En Marche des électeurs des Républicains, effrayés par un positionnement dans lequel ils ne se reconnaissaient ni en 20107 ni aux Européennes en 2019.

Le "Tout sauf Retailleau" est donc à l’œuvre à Droite. Le sénateur sait aussi qu’il devra affronter un handicap de taille… Son manque de notoriété. Il est inconnu de beaucoup de Français. 59% n’ont aucune opinion sur lui. Même en Vendée, chez lui, tout le monde ne connaît pas M. Retailleau.

Paroles de citoyens

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Bruno Retailleau, un homme "présidentiable" ?

 

La route vers l’Elysée est donc encore longue, très longue pour Bruno Retailleau. Et pourtant un Vendéen, sauveur des Républicains, cela ne manquerait pas d’ironie…

Dimanche en politique avec Bruno Retailleau, ce dimanche 13 décembre à 11h30.

 

 

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