Et si on se faisait une balade sur les chemins de Vendée avec un âne ?

Si randonner avec un âne est une pratique courante dans les régions montagneuses, sa pratique en Vendée est plus atypique. C’est en tous cas un moyen ludique et sympathique de découvrir les chemins vendéens. C'est ce qu'a fait Julie Hattu pour "Envie dehors" à voir ce dimanche 11 septembre à 12h55.

Il est aujourd'hui possible de partir de Saint-Laurent-de-la-Salle, en suivant le GR364 et une partie des chemins de Compostelle ou parfois quitter les sentiers battus et se lancer, par exemple, dans un périple d’une cinquantaine de kilomètres jusqu’à l’abbaye de Maillezais, tout au sud du département aux portes du marais poitevin.

En route donc avec Maïs, une ânesse appartenant à Eric Viaud, ânier chez "Pieds d'aventure". Ce passionné de nature et de randonnées est aussi guide. Parfait pour bien envisager un périple en écoutant ses précieux conseils car "qui veut aller loin ménage sa monture !"

Il ne faut pas aller plus vite que lui, prendre le temps qu’une relation se créée, veiller à son rythme, sa santé et ses sabots. Autre préconisation : ne pas hésiter à lui faire des câlins de temps en temps pour le remercier du poids qu’il porte.

C’est important et il saura se montrer docile et bien vous le rendre ! Avant tout il faut apprendre à connaître l'animal, son comportement, ses habitudes et savoir comment le  apprendre à “rebâter” c’est-à-dire le harnacher avec les sacoches.

Il faut pour cela l'immobiliser, installer le tapis puis le bât (croisillon le plus haut, côté encolure). Il faut ensuite attacher les quatre sangles : deux sous-ventrières, puis la croupière (qui empêche le bât de partir à l’avant dans les descentes) et la bricole (qui empêche le bât de partir à l’arrière dans les montées).

Bien vérifier que le bât repose sur le tapis et non directement sur l’animal de façon à ne pas le blesser. Ensuite on resserre les attaches pour éviter que le bât ne tourne ou ne blesse l’animal par frottements. Enfin on dépose les sacoches en les attachant si nécessaire en respectant un chargement équilibré.

Une carte, une destination pour découvrir une nature généreuse et des lieux insolites

Pour ne pas se perdre, suivre les balises du GR364, ne pas lâcher sa boussole et prévoir des pauses pour l'âne mais aussi pour soi. Prendre le temps d’écouter la nature et de découvrir des lieux insolites comme le Moulin de Pigeon (entre Marsais-Sainte-Radégonde et Saint-Cyr-des-Gâts).

Ce moulin du XVIIIe est situé sur les bords de la Smagne, une rivière affluente du Lay. Il a été rénové et remis en service par ses propriétaires et une association “2 mains pour Demain” y organise régulièrement des évènements culturels et artistiques. Un bénévole accueille les visiteurs et leur fait faire un petit tour du propriétaire tout en leur racontant quelques anecdotes du temps où les meuniers travaillaient encore ici.

Sur la route, vous en verrez d’autres, des petits trésors cachés comme le Château de Brébaudet (sur la commune de St Cyr des Gats) ou encore Bourneau, à l’orée de la forêt de Mervent, un joli village avec, au sein d’un très beau parc, un château XIXe siècle qui a fière allure avec ses tourelles, son clocheton, ses colonnades et ses balustres.

Et au centre du village, une très belle église plusieurs fois restaurée : l’église Saint Jean baptiste. A l’intérieur, les armes des Puy-du-Fou ornent les clefs de voûte, on passe devant la chapelle funéraire Renaissance de la jeune Marie du Puy-du fou et les peintures murales et mosaïques des 16 et 17ème siècles.

Sur votre chemin, vous croiserez peut-être les  baliseurs des chemins de Compostelle

Petit pot de peinture et pinceau à la main, Marie-Thérèse et Didier sont en train de redresser un coquillage sur un arbre et de repeindre un coquillage dessiné sur le tronc d’un arbre. Ce coquillage, tout le monde le connaît car la Vendée a aussi ses chemins de St Jacques !

Explications : depuis les années 80-90, l’afflux de pèlerins venus de Bretagne ou d’Angleterre a créé une tendance nouvelle qui a peu à peu amené à la création d’un chemin de Compostelle en Vendée au début des années 2000.

Un chemin artificiel qui n’a pas de base historique mais a été tracé patiemment et minutieusement par les membres de l’association à laquelle Marie-Thérèse et Didier appartiennent.

Ils sont 15 baliseurs répartis sur le parcours vendéen qui va de Saint Georges de Montaigu à Maillezais, sur 126 kilomètres.

Bénévolement, leur rôle est de remettre en état des balises, en ajouter lorsque c’est nécessaire, entretenir les chemins voire créer de nouvelles voies pour permettre aux pèlerins de passer à proximité de lieux de visite, de lieux de culte ou mieux contourner une ville par exemple. C’est tout un métier !

Ancienne informaticienne et désormais jeune retraitée, Marie-Thérèse consacre désormais son temps aux autres. Elle part notamment plusieurs fois par an comme hospitalière sur les Chemins de Compostelle pour aider dans des gîtes, à l’accueil des pèlerins, à leur orientation tout au long de leur parcours.

Ce sont vraiment des chemins particuliers. On y apprend à ouvrir les yeux et à écouter les autres. J’adore l’entraide qui se crée au fil de la marche. Et en étant désormais hospitalière et baliseuse, je participe aux chemins d’une autre façon, ça me plait bien !

Marie-Thérèse

Hospitalière

N'hésitez pas à quitter le chemin de Compostelle vers l’est pour vous enfoncer dans la forêt de Mervent.
La plus grande forêt de Vendée. Paradis des randonneurs, le massif forestier s’étend sur 5000 hectares et est parsemé de sentiers pédestres.
De jolis reliefs vallonnés et de jolis points de vue. On dit par ici que le nom de Mervent provient du nom de la rivière " la Mère" et d'un petit affluent " le Vent "... Au milieu de la forêt, un grand lac de 80 hectares où les pêcheurs à la ligne s’en donnent à cœur joie. L’occasion aussi de faire boire votre âne. Et pourquoi pas de s’offrir une petite baignade ?


Arrêts possibles en traversant la forêt la Grotte du Père de Montfort qui doit son nom au prêtre Louis Marie Grignon de Montfort qui s'y retira pour méditer en ermite vers 1715, le Barrage de Pierre Brune sur la Mère qui prend sa source au Breuil Barret en Vendée ou encore le Pont de Diet avec son médaillon gravé sur l'arche centrale de 1863.

Si vous aimez les beaux points de vue, rendez-vous au belvédère de Pruneau (on domine un méandre de la rivière) et le jardin de l’Hôtel de Ville de Mervent où on a une vue à 180° sur la forêt, les vestiges de l’ancien château fort et la rivière.

Après un tel périple avec ou sans âne, à pied ou à vélo, il est peut-être temps de se reposer ! Pour cela, on vous conseille le gite de Corinne : La Gataudière  à Foussais-Payré. Une jolie maison  construite en bois apparaît. Ici, c’est le petit paradis de Corinne qui accueille chaleureusement  les marcheurs venus du GR et des différents sentiers vendéens qui passent à proximité de chez elle.

Corinne vous proposera d'aller cueillir quelques fruits et légumes dans le potager qui serviront à préparer et partager un repas. Et notamment un panier de mirabelles pour faire une tarte pour le dessert.

Corinne accompagné par son mari met la main à la pâte pour le repas qui se prépare collectivement. 
Née dans la Vienne, elle est venue s’installer en Vendée à Fontenay le Comte pour le travail : elle est cadre dans le secteur médico social pendant 30 ans ! Mais elle sent qu’elle n’est pas d’équerre avec ses valeurs, Corinne rêve d’autre chose et choisit d’élaborer un accueil écologique sur ce qui deviendra son lieu de vie.

Elle met en place des chantiers participatifs pour créer une extension bois dans la continuité de sa maison, ouvre un gîte, et propose aux curieux, visiteurs, des ateliers en tous genres.

Alors si le cœur vous en dit ... Après une bonne nuit de sommeil, vous pourrez reprendre votre périple pour un dernier objectif : la très belle abbaye de Maillezais qui s’élève sur une île dominant le Marais Poitevin, surplombant les canaux du marais creusés par les moines. 

Allez bonne route à vous !

Retrouvez Julie Hattu dans Envie Dehors ! en balade sur les chemins vendéens avec un âne dimanche 11 septembre à 12 h 55 puis en replay sur notre plateforme France.tv.

Réalisation : Christoph Schwaiger

Rédactrice en chef : Camille Pitron

Production : Les nouveaux Jours Productions