Depuis la rentrée 2022, les 8 000 étudiants de la Roche-sur-Yon peuvent bénéficier de consultations de premier recours en médecine générale, gynécologie et nutrition. Deux médecins, une infirmière et une psychologue exercent désormais au sein même du campus.
Dans son cabinet flambant neuf, le docteur Jaud reçoit Léa, étudiante de 19 ans, une consultation classique pour une toux persistante. Pourtant, le médecin en profite pour la questionner plus largement sur ses antécédents médicaux, ses allergies ou encore ses addictions, une consultation volontairement globale.
"Elle fume du tabac à rouler ; on va faire un test, à mon avis elle est dans le rouge. Ce n’est pas juste parce qu’elle est dans la poussière depuis quinze jours. Il y a peut-être autre chose à faire en plus", explique la médecin, qui propose à la jeune patiente un test pour évaluer le taux de monoxyde de carbone.
"J’ai apprécié qu’on me pose des questions pour savoir s’il y a des trucs qui se cachent derrière d’autres trucs", relève Léa, peu habituée à un tel échange avec son médecin traitant.
La médecin souligne d'ailleurs la spécificité de ces jeunes adultes. "Entre 18 et 25 ans, c’est une période de transition. On quitte la famille, on ne sait pas trop comment faire. C’est la première consultation que l’on prend soi même. Certains ne savent pas comment faire."
Fragilisés par la crise du Covid, les étudiants ont également un besoin accru de suivi par une psychologue, souligne l'équipe médicale. "On rencontre de plus en plus de registres phobiques, où c’est difficile de se rendre en cours ou en stage. C’est difficile de se confronter au monde extérieur, on a beaucoup d’étudiants qui se replient dans leur logement ou dans leur famille quand ils vivent encore avec leurs parents", confirme Odile Sauvaget, psychologue au centre.
Depuis la rentrée, plus de 500 consultations ont été réalisées au centre de santé de la Roche-sur-Yon.