Challans : Sören pourra passer le bac assisté d'un logiciel de géométrie, une demi-victoire pour Audrey, sa maman

Sören est un lycéen de 15 ans souffrant de troubles de l'attention, de dysorthographie, et de dysgraphie. Pour passer le bac, il a besoin d'un ordinateur et de logiciels pour l'aider à étudier...des outils dont le rectorat veut le priver pour les premières épreuves du baccalauréat.

Sören a besoin de logiciels pour travailler au lycée
Sören a besoin de logiciels pour travailler au lycée © France Televsions
Jusqu'a vendredi dernier, c'était un refus total de la part du rectorat de Nantes : pas de correcteur orthograhique, pas de logiciel de géométrie pour Sören lors des épreuves du baccalauréat.

Vendredi soir la (demie) bonne nouvelle est tombée. Sören est autorisé à passer ses épreuves de maths assisté de GeoGebra,un logiciel de géométrie sans lequel il ne peut tracer de lignes ou de courbes.

"Il a choisi la spécialité mathématiques car il adore les maths mais quand il faut faire des tracés géométriques il ne peux pas les faire à la main", explique Audrey, la mère de Sören.

Sa dysgraphie et sa dysorthographie empêchent l'adolescent d'écrire à la main et de formuler des phrases sans fautes.

Il a donc passé trois ans à apprendre à se servir d'un ordinateur, clavier et logiciels, aidé par un ergothérapeute. "Le but était de le rendre autonome", expliquer Audrey.

Pour réaliser ses devoirs, Sören a besoin, en plus de logiciels de géométrie, de correcteurs orthographiques.

"Vous n'avez qu'à utiliser à la place le correcteur orthographique du traitement de texte", a répondu le rectorat de Nantes aux parents de Sören mais ce logiciel ne suffit pas. Cordial, le logiciel de traitement de texte dont a besoin Sören "correspond à des besoins de compensation de son handicap". 

Le rectorat "se base sur le fait que ce correcteur-là peut aider à la syntaxe, pointer s'il y a des phrases trop longues" mais Sören, " s'il fait un commentaire de texte, il va analyser le texte, trouver les idées, les organiser, ça va lui prendre plus temps avec ses troubles de l'attention". Ensuite lors de la rédaction, "il ne va pas pouvoir se concentrer sur le fonds et sur la forme à la fois, le correcteur va donc venir combler son handicap. Mais le correcteur ne va pas lui dire de couper à tel endroit, c'est Sören qui décide tout seul où il coupe".
Sören  et sa maman Audrey, janvier 2020
Sören et sa maman Audrey, janvier 2020 © France Televisions


"Ils ont utilisé ses bulletins contre lui"

Ces logiciels, Sören les utilise en cours depuis la 6e. Il a également pu les utiliser lors des épreuves du brevet des collèges, "c'est le rectorat lui-même qui lui avait accordé".

"Ce n'est pas parce qu'il les a eus au brevet qu'il a le droit de les avoir au bac",
a répondu le rectorat suite au recours déposé devant le tribunal administratif par les parents de Sören.

Autre argument retenu par le rectorat, les bonnes notes de Sören. A 15 ans, l'adolescent est élève de 1e au lycée Truffaut à Challans, en Vendée. 

Ils ont utilisé ses bulletins contre lui parce que Sorën, quand il est bien outillé, bien équipé, il exprime son potentiel - Audrey, maman de Sören

Selon Audrey, le rectorat estime "que ce ne serait pas équitable d'utiliser ces logiciels par rapport à ses copains. Mais ses copains ne sont pas handicapés".

Audrey entend bien poursuivre son combat, s'appuyant sur le fait que, dans d'autres académies, Antidote, un logiciel équivalent à Cordial, est autorisé lors des épreuves d'examen.

Et cela urge, car jeudi, Sorën passe les épreuves d'anglais et d'espagnol. Le jeune ado rêve d'avoir son bac et d'integrer une école d'ingénieurs.








 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
éducation société handicap