Vendée : sur les traces du peintre Gaston Chaissac

© Denis Leroy
© Denis Leroy

Gaston Chaissac disparu en 1964  a eu une vie courte, intense et productive. Ce peintre rustique moderne comme il se considérait avait l'estime des plus grands artistes de son époque, Jean Dubuffet en tête. Voici un parcours Chaissac à travers 3 lieux en Vendée où il a vécu pendant 22 ans. 

Par Denis Leroy

Etape n° 1 : le Pays de l'Oie

Gaston Chaissac arrive en Vendée en 1942 pendant la seconde guerre mondiale. Fraîchement marié et père de la petite Annie, il suit sa femme Camille nommée institutrice. Première école dans le bocage à Boulogne pendant 5 ans puis Sainte-Florence de 1948 à 1961. La famille loge dans l'école publique du village de 600 habitants. Pendant que Camille instruit une dizaine d'élèves -la plupart des familles ayant choisi l'école privée catholique- , Gaston parcourt la campagne à bicyclette à la recherche de matériaux, écrit des lettres aux villageois et peint dans une pièce lui servant d'atelier dans le logement de fonction.

Ce bâtiment existe toujours mais tout a radicalement changé dans le décor de 2019 ! Sainte-Florence fait partie du regroupent de commune de Essarts en Bocage , l'école publique a fermé ses portes depuis belle lurette et la mairie y a transféré ses services. Mais l'esprit de Chaissac règne toujours sur les lieux puisque un espace muséographique a ouvert en 2005. Plus qu'un musée, c'est une évocation du personnage pensée et imaginée par un autre artiste, Xavier de Richemont. Des ambiances sonores dans les murs, des jeux de miroir, des roues de vélo suspendues ou encore des bouses de vache (!) au sol permettent de se mettre dans la tête de Chaissac, son imaginaire, ses fulgurances, sa poésie multicolores et naïves. Un parcours à hauteur d'enfant qui séduit particulièrement les écoles. Près de 3000 élèves de maternelle et élementaire font le déplacement chaque année et en profitent pour passer à la pratique avec des ateliers de collage, de découpage et de dessins à la façon de Chaissac...


Sylvie Raimbault, professeure des écoles (Vertou - Loire-Atlantique)

 

Etape n°2 : le musée des Sables-d'Olonne


Chaissac connaîtra la gloire au début des années 60. Appréciée depuis longtemps par les milieux intellectuels parisiens, sa peinture explose et est pleinement intégrée dans l'histoire de l'Art moderne grâce à des expositions  au centre Beaubourg à Paris, à New-York, en Suisse et en Allemagne. La reconnaissance de son travail auprès du grand public s'effectue aussi localement. Dès 1966, le musée d'art moderne et contemporain des Sables-d'Olonne achète sa première toile avant d'organiser la première exposition consacrée au Vendéen d'adoption en 1969. Aujourd'hui, le MASC conserve la plus importante collection publique des oeuvres de Chaissac en France. 60 toiles mais aussi une correspondance de 500 lettres entre Chaissac et Dubuffet, l'inventeur de l'Art brut sont conservés. Le musée entretient une relation privilégiée avec Annie Chaissac, la fille unique de l'artiste.


Gaëlle Rageot-Deshayes, la conservatrice du musée de l'Abbaye Sainte-Croix feuillette la correspondance de Chaissac
 
 

Etape n°3 : près du Marais poitevin


Les Chaissac enchaînent les déménagements au gré des mutations scolaires. Camille Chaissac est nommée en 1961 à Vix dans le Sud-Vendée aux abords du Marais poitevin, sa commune d'origine où sa famille dirigeait une minoterie. Au moment même où il est exposé dans des galeries prestigieuses, le peintre continue à vivre une vie des plus modestes dans cette bourgade de 1500 âmes.  Il décède des suites d'une embolie pulmonaire à l'hôpital de La Roche-sur-Yon. Il est enterré dans le petit cimetière de la commune. L'école publique porte aujourd'hui son nom.

 
Denis Leroy, Valentin Leroux, Raphaël Fischer, Marie-Catherine Georgelin
 

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