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Clermont-Ferrand mérite la “qualité d'habitat” selon l'architecte Nicolas Michelin

Nicolas Michelin / © MaxPPP
Nicolas Michelin / © MaxPPP

La venue de l'architecte à l'immense renommée Nicolas Michelin est une bonne nouvelle pour l'avenir des clermontois. Et elle réjouit les professionnels de l'urbanisme. L'un d'entre eux, Romain Sarry, nous explique pourquoi.

Par Romain Sarry, avec Yannick Kusy

Ne voyons pas de lien particulier entre la célèbre manufacture de pneu auvergnate et l’architecte urbaniste Nicolas Michelin... mais ce mercredi 20 février, c’est bien un Michelin qui proposera dans le cadre d’une conférence, sa vision d’une « ville habitée », ce mercredi 20 février à la Faculté de lettres de Clermont-Ferrand .

Un parcours riche
Nicolas Michelin est un grand nom de l’urbanisme et de l’architecture en France. D’abord associé à Finn GEIPEL, architecte-urbaniste allemand de renom, il a œuvré au sein de l’agence LABFAC - LABoratory For ArChictecture - à Paris dans les années 90. Aujourd’hui, et ce depuis 2000, il est à la tête de l’agence éponyme ANMA - Agence Nicolas Michelin & Associés.

Une vision de la ville
Les fortes convictions écologiques de son équipe sont appliquées dans des domaines et des échelles différentes : l’architecture des bâtiments, l’urbanisme des quartiers ou des villes sans oublier les paysages. Paris, Bordeaux, Strasbourg, Dijon, Limoges et bien plus encore, quelle sont les villes où Nicolas Michelin n’est pas encore intervenu ? Clermont-Ferrand ? Ce n’est peut-être qu’une question de temps.

Une première conférence publique
Ce mercredi 20 février, l’architecte-urbaniste est en effet entre 18h15 et 20h15, à la faculté de Lettres, Langues et Sciences humaines de Clermont-Ferrand pour donner une conférence-débat intitulée « La qualité d’habiter et d’habitat ». Dans le cadre d’un cycle de trois rencontres entre des professionnels de l’urbanisme et les clermontois, la municipalité a l’envie de sensibiliser ses habitants aux enjeux urbains et territoriaux. En ligne de mire : la concertation pour l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.) qui remplacera l’actuel Plan d’Occupation des Sols adopté il y a plus de trente ans, en 1981. Document d’importance capitale pour le développement de la ville, le PLU régit les secteurs de développement futurs, donne des orientations en matière d’habitat, d’écologie ou encore de déplacement et réglemente les constructions (surfaces, hauteurs, aspect…). Il y a donc un enjeu majeur à ce que les clermontois s’impliquent dans son élaboration.
Conférence de Nicolas Michelin à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand / © (photo : R.Sarry)
Conférence de Nicolas Michelin à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand / © (photo : R.Sarry)

L’habitat au cœur du sujet
Pour cette première conférence, Nicolas Michelin s’attardera sur la question de « l’habitat » (la forme) et d’«habiter » (la fonction). L’architecte-urbaniste abordera probablement la notion importante de mixité sociale au sein d’un même quartier qui lui semble être le garant d’un quartier ouvert aux échanges et aux rythmes différenciés (habitants / employés). Il balayera aussi certainement la diversité de l’habitat proposé aujourd’hui : collectif, individuel ou intermédiaire en mixant des logements destinés à aux propriétaires, aux locataires du privé ou du social.


Interview : Avant sa conférence, Nicolas Michelin a répondu aux questions de Frédéric Cuvier sur France 3 Auvergne

Nicolas Michelin sur le plateau de France 3 Auvergne / ©
Nicolas Michelin sur le plateau de France 3 Auvergne / ©

Frédéric Cuvier : Comment définiriez-vous « l’habitat de demain » à Clermont-Ferrand ?
Nicolas Michelin : Cette conférence est organisée dans le cadre du PLU (plan local d’urbanisme), qui va être monté durant 3 à 4 ans. Et on m’a invité pour parler de la qualité des logements que demandent les gens aujourd’hui… S’apercevant que, peut-être, ils sont parfois trop petits, trop chers en tout cas… Et comment, à travers un plan local d’urbanisme comme celui-ci, on peut permettre des expérimentations nouvelles

Frédéric Cuvier : Quelles sont les grandes tendances de l’avenir ?
Nicolas Michelin : Il faudrait faire plus grand, et pas cher. Pour moi, il y a plusieurs pistes. Le ville de demain sera peut-être pensée de façon un peu plus sensible. Au lieu de faire une planification par le haut, on pourrait la faire par le bas…On prend ce qui existe. Clermont-Ferrand est une ville assez extraordinaire, un potentiel, je pense, immense, qui mérite d’être découvert, développé. Il ne faut pas que l’urbanisme soit une chape de plomb, qui viendrait figer les potentiels de cette ville. Moi je parle de sur-mesure. Il faut faire un costume sur-mesure

Frédéric Cuvier : C’est plus difficile de s’occuper d’une ville comme Clermont, où le centre industriel est au cœur de la ville ?
Nicolas Michelin : Oui, c’est plus compliqué…mais c’est plus riche. Par exemple, si vous faites un appartement dans un petit immeuble nouveau, il aura tendance à faire 57m2 pour un trois pièces, avec trois fenêtres, dans un bâtiment basse-consommation. Tout le monde en est fier mais ce n’est pas très glorieux. C’est trop petit. Souvent il n’y a pas d’espace extérieur. Quand on part sur des immeubles qui existent, comme des usines, on est tout de suite obligé de faire un peu plus grand. On me dit souvent « rénover, ça coûte cher ». Je réponds « pas toujours ». Il faut essayer, justement de permettre l’éclosion de nouveaux projets. On a quelques exemples, comme Saint-Etienne… et ce que nous réalisons sur Bordeaux, par exemple, l’est aussi.

Frédéric Cuvier : Quand on parle de qualité d’habitat, c’est aussi l’environnement.
Nicolas Michelin : C’est fondamental. C’est ce qu’on appelle la « nature en ville ». Je pense que si l’on veut habiter de façon dense, ce qui est nécessaire, en ville, la nature, et la qualité de ce que l’on voit en ouvrant sa fenêtre, c’est très important. Il faut la préserver, la mettre en scène. A Clermont, malgré l’industrie en centre-ville, il y a un environnement exceptionnel. Il est possible de remettre de la nature dans des friches.

Romain Sarry, urbaniste et chef de projets Évaluation et conception urbaine

Romain Sarry, Urbaniste IEP (Institut d'Etudes politiques) & Ingénieur en Environnement
Il a débuté sa carrière comme Ingénieur en Environnement appliqué aux projets d'urbanisme et de territoires au sein du bureau d'études Saunier & Associés à Clermont-Ferrand. Il est aujourd'hui Chargé de Projets Urbains chez SOMIVAL et intervient également dans l'enseignement du Cycle d’Urbanisme de Sciences Po Paris.

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