L'arrivée du TGV en Auvergne une nouvelle fois compromise ?

Le TGV en Auvergne, tout le monde l'espère, mais les questions demeurent. Une mission sur la réforme ferroviaire, présidée par l'ancien ministre des transports Jean-Louis Bianco, préconiserait de "ne pas accroître la dette ferroviaire par la construction de nouvelles lignes à grande vitesse mais de chercher une formule intermédiaire entre TGV et les anciens trains Corail". / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Le TGV en Auvergne, tout le monde l'espère, mais les questions demeurent. Une mission sur la réforme ferroviaire, présidée par l'ancien ministre des transports Jean-Louis Bianco, préconiserait de "ne pas accroître la dette ferroviaire par la construction de nouvelles lignes à grande vitesse mais de chercher une formule intermédiaire entre TGV et les anciens trains Corail". / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Selon l'AFP, la mission de concertation sur le projet de réforme ferroviaire présidée par Jean-Louis Bianco, l'ancien ministre des transports, suggérerait dans un rapport intermédiaire "de ne pas accroître la dette ferroviaire par la construction de nouvelles lignes à grande vitesse". 

Par Stéphane Moccozet

La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon finira-t-elle par voir le jour? Chaque semaine amène son lot d'interrogations et la pose des rails parait, parfois, s'éloigner inexorablement. La dernière information qui sème le doute quant à l'avenir réel de cette ligne provient d'un rapport intermédiaire de la mission sur le projet de réforme ferroviaire. D'après l'AFP, cette mission, présidée par l'ancien ministre des transports Jean-Louis Bianco, préconiserait de "ne pas accroître la dette ferroviaire par la construction de nouvelles lignes à grande vitesse mais de chercher une formule intermédiaire entre TGV et les anciens trains Corail".
 
On sait que la dette de Réseau Ferré de France dépasse les trente milliards d'euros et Jean-Louis Bianco et que le projet POCL, Paris-Orléans-Clermont-Lyon nécessitera plus de quatorze milliards d'euros pour voir le jour. Compte tenu de la position de l'ancien ministre des transports, qui s'est vu confier cette mission sur la réforme ferroviaire à l'automne dernier par le gouvernement, on peut s'interroger sur l'avenir concret de cette ligne à grande vitesse tant espérée par l'Auvergne.
 
Un classement des lignes prioritaires publié en avril
 
Membre de la Commission Mobilité 21, André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, affirme que la ligne POCL n'est pas encore enterrée. En avril, cette commission va proposer un classement des projets de lignes à grande vitesse et des autres modes de déplacements. "Au niveau du territoire français, il y en a d'autres (ndlr: lignes) qui sont, en termes de hiérarchisation, beaucoup moins bien classées que la nôtre" affirme l'élu auvergnat qui croit davantage "que Monsieur Bianco est en train de préparer le terrain", sous-entendu d'autres régions doivent peut-être se préparer à de mauvaises nouvelles.
 
Bernard Schoumacher, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Auvergne, veut croire, lui, que la politique d'aménagement du territoire aura raison des réticences de certains. "Il est indispensable que l'Auvergne soit désenclavée et connectée à l'Europe", dit-il, "toutes les études ont prouvé que dès qu'un TGV arrive, il y a une espèce de boom au niveau du PIB et que la progression du PIB au niveau local dépend des voies de communication".
 
La mission présidée par Jean-Louis Bianco devrait rendre ses conclusions finales début avril. C'est en juin qu'on saura si, oui ou non, le POCL passera du rêve à la réalité.

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