L'extrême droite en France et ses branches lyonnaises

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La dissolution de l'Oeuvre française vient d'être annoncée par Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à l'issue du conseil des ministres. C'est un événement majeur pour l'extrême droite qui se retrouve sous différents groupes, certains sont lyonnais.

Par Isabelle Gonzalez

Voici, en dehors du Front national, les principaux mouvements ou groupuscules d'extrême droite actifs en France:

JEUNESSES NATIONALISTES: fondées en octobre 2011 par le lyonnais, Alexandre Gabriac, un jeune élu FN exclu du parti après la diffusion d'une photo le montrant faisant un salut nazi. Actifs à Lyon et à Paris, ils ont multiplié les actions coup de poing pour attirer les projecteurs. Nostalgiques du pétainisme, ils considèrent les néo-nazis grecs d'Aube Dorée comme leurs camarades, prônent une "rupture totale avec la démocratie" et assurent qu'un "naturel Français" est "issu de souche européenne". Proches des catholiques intégristes de CIVITAS, mais aussi du GUD-LYON, les JN sont en quelque sorte la branche activiste de l'OEUVRE FRANCAISE, un groupuscule antisémite et pétainiste beaucoup plus ancien, longtemps présidé par Pierre Sidos, et aujourd'hui dirigé par Yvan Benedetti, très proche d'Alexandre Gabriac. Bras droit de Bruno Gollnisch dans la campagne de succession à Jean-Marie Le Pen au FN, Yvan Benedetti a aussi été exclu des rangs frontistes.
Le Conseil des ministres a prononcé, ce mercredi 24 juillet 2013, la dissolution d'Oeuvre française et de Jeunesse Nationaliste.

TROISIEME VOIE ET LES JNR: fondée en 2010 par Serge Ayoub, alias "Batskin", l'ancien chef des skinheads d'extrême droite parisiens, Troisième voie réunirait quelques centaines de sympathisants en France. Jusqu'à la tragique rixe du 5 juin, ils s'étaient peu signalés, si ce n'est lors de la manifestation annuelle en mai en hommage à Jeanne d'Arc, distincte du FN, où ils défilent en rang. Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) sont leur service d'ordre. Vêtus de noir, ils arborent la devise "Croire, obéir, combattre", héritée des fascistes italiens.
Leur lieu de ralliement, Le Local, dans le XVe arrondissement de Paris, est un établissement privé tenu par Serge Ayoub, 48 ans.
Le Conseil des ministres avait décidé, le 10 juillet dernier, la dissolution des trois structures.

BLOC IDENTITAIRE: fondé en 2003 par d'anciens leaders d'UNITE RADICALE, le groupuscule
avait été dissous un an plus tôt
après la tentative d'assassinat perpétrée contre le président de la République Jacques Chirac. C'est l'un de ses sympathisants, Maxime Brunerie, qui était à l'origine de cette initiative. Adepte d'actions médiatiques, très présent sur internet, ce mouvement défend une vision "ethnique" et "culturelle" de l'identité européenne, avec un discours islamophobe. Le Bloc identitaire est constitué en réseau, avec de multiples structures locales
(Projet Apache à Paris, Rebeyne à Lyon, Nissa Rebela à Nice). Entre 500 et 1.000 personnes avaient assisté à la dernière convention identitaire, début novembre 2012, à Orange (Vaucluse).
La branche jeunes, GENERATION IDENTITAIRE, a fait parler d'elle avec l'occupation du chantier de la mosquée de Poitiers, en octobre 2012. Ses militants ont aussi lancé cet hiver une campagne de soutien aux SDF, mais en priorité français et européens.
RENOUVEAU FRANCAIS (RF): fondée en 2005, dirigée par un jeune militant, Thibaut de Chassey, cette organisation est contre-révolutionnaire, anti-républicaine et ultra-catholique. Actifs contre le mariage gay, ses militants s'étaient distingués en perturbant, avec CIVITAS, en octobre 2011 à Paris, le spectacle de Romeo Castellucci, qu'ils jugeaient "christianophobe" et blasphématoire. Le 12 mai, lors d'un hommage à Jeanne d'Arc, ils étaient une centaine à défiler derrière la banderole du RF.
PARTI DE LA FRANCE (PDF): lancé en 2009 par l'ancien secrétaire général du FN Carl Lang, ce petit parti, à vocation électorale, n'a jamais réussi à décoller. Carl Lang, qui avait quitté le FN avec des cadres en désaccord avec Marine Le Pen, a échoué à être candidat à la présidentielle de 2012.
MOUVEMENT NATIONAL REPUBLICAIN (MNR), allié au PDF (ci-dessus) la structure fondée par Bruno Mégret lors du clash avec Jean-Marie Le Pen en 1998, et la NOUVELLE DROITE POPULAIRE (NDP), dont le délégué général, Roland Hélie, est un proche de Serge Ayoub.

A lire pour en savoir plus:

Deux nouveaux groupes d'extrême droite dissous  sur Libération.fr
Dissolution de l’Oeuvre française, plus ancien groupe d’extrême droite en activité sur Le Monde.fr

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