En Auvergne, la baisse des loyers est plus rapide que l'inflation

Un observatoire a constaté que les loyers avaient baissé de 1% en Auvergne et ce malgré l'inflation. D'une façon plus générale, la hausse des loyers des nouveaux baux dans le parc immobilier privé en France a encore ralenti pour s'établir à +0,1% en rythme annuel à fin août.

Par Sébastien Kerroux avec AFP

Clameur, qui analyse les loyers à partir des données fournies par des professionnels du secteur, a constaté des loyers moyens de marché en baisse à Paris (-0,4% à 24,10 euros le mètre carré) et dans de grandes métropoles régionales comme Le Mans (-0,9% à 8,40 euros/m2), Bordeaux (-1,0% à 12,20 euros/m2), Nice (-0,4% à 14,50 euros/m2), Rennes (-1,5% à 11,80 euros/m2) ou encore Le Havre (-2,6% à 10,80 euros/m2). "Et alors qu'habituellement le marché fait preuve de dynamisme durant les mois d'été, les évolutions des loyers qui se constatent n'engagent pas à l'optimisme", note l'observatoire.

"Depuis 2006, les loyers de marché augmentent moins vite que l'inflation", de l'ordre de 1,4% par an en moyenne, contre 1,6% pour les prix à la consommation, poursuit-il. Il s'agit là d'un "décrochage remarquable, puisque de 1998 à 2006 ces mêmes loyers avaient augmenté de 4,1% chaque année, pour une inflation qui était de 1,8% par an", a souligné l'économiste Michel Mouillart, auteur de l'étude.

Selon ses constatations, sur un "marché locatif privé en dépression", les loyers ont baissé depuis début 2013 dans 38,5% des villes de plus de 100.000 habitants et, dans 30,8% de ces villes, ils ont progressé moins que l'inflation. Enfin, dans 30,7% de ces villes, les loyers ont augmenté davantage que l'inflation. Des hausses supérieures à l'inflation ont notamment été relevées à Nîmes (+1,6% à 10,10 euros/m2), à Villeurbanne (+1,5% à 11,90 euros/m2) et à Tours (+1,5% à 10,60 euros/m2), ainsi qu'à Dijon (+1,2% à 11,10 euros) et à Lyon (+1,1% à 12,70 euros/m2).

"Depuis l'été 2011, avec le déclenchement de la crise des dettes souveraines, l'environnement des marchés immobiliers s'est brutalement dégradé. La demande a amorcé un repli qui s'est avéré rapide et prononcé, inquiète des conséquences annoncées de cette crise (détérioration du marché du travail, pertes de pouvoir d'achat, moral au plus bas...)", a commenté M. Mouillart.

L'observatoire révèle que la baisse des loyers est plus rapide en Aquitaine (-1,4%), en Auvergne (-1%), en Basse-Normandie (-3%), en Haute-Normandie
(-2,6%), dans le Nord-Pas-de-Calais (-2,1%) et en Poitou-Charentes (-1,3%). Elle est restée "modérée" en Alsace (-0,3%), en Languedoc-Roussillon et en Picardie (-0,5%), ou encore en Lorraine (-0,7%).
               
A l'inverse, les loyers ont "stagné ou augmenté moins vite que l'inflation" en Midi-Pyrénées (+0,0%), dans le Centre (+0,1%), en Franche-Comté (+0,1%), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (+0,2%) en Ile-de-France (+0,3%) et dans le Limousin (+0,5%).

Ils ont augmenté plus vite que l'inflation dans 5 régions: Rhône-Alpes (+1,2%), Bretagne (+1,3%), Bourgogne (+1,4%), Champagne-Ardenne (+1,5%) et dans les Pays de la Loire (+1,7%).

L'étude porte sur les loyers des marchés locatifs privés de 1.289 villes et regroupements de communes de plus de 10.000 habitants.

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