L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé sa décision de saisine du gendarme français de l'énergie, car elle estime qu' EDF et d'autres fournisseurs d'électricité ne prévoient pas d'indemniser comme ils le doivent leurs clients en cas de coupures de courant prolongées.
Elle demande à la CRE "de prendre les mesures nécessaires pour faire appliquer le nouveau système d'indemnisation pour interruption d'alimentation".
Entré en vigueur en janvier, le nouveau "Turpe", la partie de la facture d'électricité qui finance la distribution de courant, prévoit le versement de 10 euros d'indemnités (8,6 euros hors taxes) au client final, contre 1 euro auparavant, au-delà de six heures continues de coupure, puis 10 euros par tranche supplémentaire de six heures sans courant.
Or, le géant de l'électricité EDF et d'autres fournisseurs alternatifs ont "omis" d'inscrire ces changements dans leurs conditions générales de vente, dénonce l'UFC-Que Choisir. "Ces derniers ne semblent pas être au courant de cette avancée puisqu'ils n'ont pas cru bon de modifier leurs conditions générales qui concernent pas moins de 35 millions de ménages", note encore l'association de défense des consommateurs.
La durée des coupures a rebondi de près d'un tiers en 2013 en France, à 97 minutes contre 74 minutes l'année précédente, en raison, selon le distributeur ERDF, de plusieurs grosses tempêtes.
Mais il peut existe des écarts considérables sur le territoire national (23 minutes par an en moyenne pour les Parisiens, contre 242 minutes en Ardèche).
L'UFC-Que Choisir appelle aussi la CRE à "réformer de nouveau le système de dédommagement" en imposant "des montants plus conformes à la réalité des préjudices subis par les consommateurs, et donc plus dissuasifs pour les opérateurs".
RTE estime le préjudice à 140 euros au-delà de 6 heures et l'indemnisation en France reste très inférieure aux niveaux pratiqués par d'autres pays, comme la Suède et la Norvège, selon l'UFC-Que Choisir.