Six anciens salariés d'Environnement Recycling portent plainte contre leur ex-employeur. Ils accusent le spécialiste du démantèlement de matériels électriques et électroniques, situé près de Montluçon, d'avoir mis leur santé en danger en les exposant quotidiennement à des poussières toxiques.
Ces mêmes salariés ont également saisi les prud'hommes de Montluçon pour obtenir la reconnaissance du "préjudice d'anxiété". En février 2013, l'Union départementale CGT de l'Allier avait déjà alerté les médias et les élus locaux sur les conditions de travail au sein d'Environnement Recycling, installée à Domérat, dans l'Allier. "Mais d'après les témoignages que nous avons recueillis, force est de constater qu'il y a toujours des risques réels pour la santé des salariés qui ont travaillé au sein de cette entreprise", considère le secrétaire général de l'Union départementale de la CGT de l'Allier. Laurent Indrusiak dénonce au passage le "cynisme" des employeurs et "l'immobilisme" des pouvoirs publics dans ce dossier.
Selon la CGT, les salariés seraient exposés "à 28 métaux lourds, dont du plomb, de barium et de l'antimoine" contenus dans la poussière, "toujours présente dans un des ateliers malgré le système d'aspiration collective" mis en place l'année dernière. Par ailleurs, le syndicat évoque des taux de plombémie mesurés dans le sang des salariés "bien supérieurs aux préconisations du Haut conseil de sécurité publique". A la suite de ces allégations qu'elle juge "parfaitement mensongères", la direction d'Environnement Recycling a, à son tour, "déposé plainte contre la CGT pour diffamation".
La contre-attaque de la direction
"On a toujours mis en place des équipements soit individuels, soit collectifs pour la protection des salariés", assure Jérôme Auclair, l'un des codirigeants de cette société qui emploie 207 personnes, essentiellement des travailleurs handicapés ou en réinsertion. "On a toujours joué la carte de la transparence avec les organismes de contrôle et de prévention. On est prêt à ouvrir nos portes, à donner toutes les analyses qui sont réalisées par des laboratoires indépendants", souligne-t-il pour prouver sa bonne foi. "Elles montrent que nous sommes dans le respect de la réglementation sur les sujets d'hygiène et de sécurité".Ces accusations sont toxiques pour l'entreprise (Jérôme Auclair, codirigeant d'Environnement Recycling)
Concernant les taux de plombémie, "la médecine du travail nous a encore dit il y a deux jours que les récentes prises de sang sont acceptables et encore en baisse", précise M. Auclair. "En plus ce syndicat n'est même pas représenté dans l'entreprise (...) Les collaborateurs sont inquiets de ce remue-ménage, nos clients aussi. Trop, c'est trop. Il faut que cet acharnement s'arrête".