La justice enquête sur la reconstitution de l'ultra - droite lyonnaise

© Lionel Bonaventure /AFP
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Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac doivent être entendus prochainement par la justice lyonnaise.Ces deux représentants de l'ultra-droite sont suspectés d'avoir reconstitué clandestinement un mouvement radical dissous en 2013.    

Par Philippe Bette

Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, deux représentants de l'ultra-droite lyonnaise et anciens dirigeants d'organisations dissoutes en 2013, sont convoqués cette semaine devant la police judiciaire de Lyon dans le cadre d'une enquête pour reconstitution de ligue dissoute. Cette convocation intervient dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en juin par le parquet de Lyon pour "participation au maintien ou reconstitution d'association ou groupement dissous", selon la justice .

Ancien du FN, Yvan Benedetti avait pris la tête de L'Oeuvre française, groupuscule pétainiste, jusqu'à sa dissolution en juillet 2013, après la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric. Élu en 2008 à Vénissieux (Rhône) sous l'étiquette FN, il en avait été exclu en 2011 pour s'être qualifié lui-même sur internet d'antisioniste, antisémite et antijuif. Également exclu du FN, un de ses proches, Alexandre Gabriac, avait pour sa part fondé en octobre 2011 les Jeunesses nationalistes, autre mouvement dissous à l'été 2013. Aucun détail n'a été donné sur les poursuites dont ils font l'objet.

Après la dissolution de leurs mouvements, tous deux ont réactivé en août 2013 le site internet "Jeune nation", enregistré au nom d'Yvan Benedetti et dans lequel ils revendiquent une "information sans concession". Ce site indique notamment l'agenda des deux hommes et fait état de "rencontres militantes".

La dissolution de leurs organisations ne les a pas non plus empêchés de conduire une liste "Vénissieux fait front" aux dernières municipales, qui a recueilli 10,27% et deux élus, dont M. Benedetti, au second tour. Deux recours ont été déposés contre leur liste. Le rapporteur public du tribunal administratif de Lyon a recommandé cette semaine d'invalider l'élection. Le jugement est attendu d'ici quatre à six semaines.Lors de cette audience mardi, M. Benedetti avait lui-même fait part de sa convocation devant la PJ lyonnaise, sans en préciser la date. Il a ensuite précisé à l'AFP qu'Alexandre Gabriac était pour sa part convoqué vendredi.

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